J’ai longtemps pensé que Louis Garrel incarnait la quintessence ce cinéma Français contemporain détestable : L’éternelle figue du jeune bourgeois déprimé enfermé dans le cinquième arrondissement parisien. Et puis il y a eu son interprétation de l’amant passager de Saint Laurent, son (in)vraisemblable Godard chez Hazanavicius, récemment le rôle de Dreyfus ou Robespierre, et enfin ce (quatrième) film.
Digne d’une comédie populaire française des années 70 ou 80 – et sans complexe de l’être – Garrel signe un film qui alterne la comédie romantique et le polar avec simplicité. Si le film n’aura rien d’original pour un cinéphile, au vu de l’offre actuelle il brille justement par sa cinéphilie digérée au service d’un récit autobiographique qui brise tout naturalisme et sans nombrilisme exacerbé pour quelqu’un qui réalise, écrit et joue en partie sa propre histoire. Ce fils de soixante-huitard proche de sa mère a voulu réaliser un film qui à l’instar de la bande originale composée des tubes de variétés, parle à tout le monde. C’est drôle, touchant et réussi.