On se demande quelquefois si certains artistes ont conscience qu'ils s'adressent à un public, s'ils se posent la question de savoir en quoi leurs masturbations mentales peuvent concerner ledit public, ni de ce que coûtent audit public, lesdites masturbations mentales en termes de fiscalité dérivée.
Encore un Claire Denis que j'ai lâché en route, las d'une juxtaposition de scènes où on ne sait pas qui est qui, qui fait quoi, où l'on se trouve, pour y faire quoi. C'est incohérent.
Le film ouvre sur une séquence où des douaniers franco-suisses arrêtent un combi Volkswagen de punk à chien où le toutou détecteur de came loge des doses même pas planquées au tableau de bord. Suite à quoi la douanière de service rentre chez elle où piaille une marmaille et où Julot, aux allures de cassos', la soumet à une séance d'hypnose à l'issue de laquelle monsieur entre dans madame, manifestement par la porte de service.
On aurait pu suivre le quotidien de ce couple lambda, mais non ! Voilà qu'on se retrouve en forêt avec une bab's qui promène ses toutous et, plus loin, un vieux-beau à loilp flanqué de même de deux clébards, il prend le soleil, va se baigner dans le lac, enfourche son vélo de course et on le suit sur la route, en se disant, il va se planter, des mecs dans la bagnole qui le double vont l'assaisonner à la kalach', il va se prendre une moto de face, faire un tout droit.
Ben non, rien.
Plus loin, il égorge quelqu'un. On ne sait trop pourquoi ni qui. Il crame un passeport russe dans la cheminée. Puis mets les bouts, abandonnant en route ses deux magnifiques clébards. Direction Genève, puis la Corée, puis Tahiti et j'ai arrêté là.
Entre temps, plus de nouvelles de la douanière et de son cassos et de leur marmaille, on ne sait plus si c'est la bab's à chiens-chiens qui s'est fait buter ou un des réfugiés que l'on voit se balader dans la nuit vaudoise, on aperçoit de temps en temps Béatrice Dalle en éleveuse de loups, flanquée d'un baba avec qui elle forme le couple de la carpe et du lapin, et entre chaque séquence déconnectée ponctuée de gros plans fugitifs sur fond d'un riff de basse qui sonne mauvaise pop de la fin des années 60 mixée sur une sirène de flics, l'on bâille, puis l'on peste, puis l'on raccroche les gants. Basta.