Définition mathématique de l'amour ? Somme d’emmerdes, soustractions et multiplications de libertés, divisions de biens… (...)
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C'était déjà mal parti pour mon jugement de ce film : Michel Piccoli que je déteste apparaissait comme star au générique... Lui dont on dirait qu'il joue tous ses rôles de la même façon asexuée et à la voix sans relief... Lui qui s'est compromis dans la "Grande Bouffe"...
Quant à la participation exceptionnelle de Jacques Perrin, qui n'en est pas encore à sa période "Producteur", il hérita là certainement du rôle le plus court de sa carrière, et dans lequel il aura été le plus mauvais !
Il rentre en effet au domicile conjugal où l'attend sa femme assoupie après avoir donné une conférence, en présentant une jeune stagiaire qui l'embrasse sur la bouche et qui va passer la nuit chez eux... Ne voulant pas de ce ménage à trois, elle fuit se réfugier là où elle travaille et où elle va tomber nez à nez avec son patron... Comme leurs chemins convergent, ils vont s'associer dans un road-movie bien pénible à suivre car vous devinez le reste ?
Le scénario est d'une banalité affligeante, même si Vittorio De Seta (1923-2011) qui l'a péniblement édulcoré, ambitionnait de marquer la déshumanisation des individus, passant d'une femme à une autre....
Le bide de ce film a probablement gravé la fin de ses longs métrages, le troisième, et l'a sans doute incité a renoncer à tout jamais au film d'aventures, au profit de ses activités initiales de documentariste, de psychologie et de psychanalyse....
Cette coproduction franco-italienne est plate, monotone, truffée d'erreurs ou d'invraisemblances, sans audace (alors qu'on ne fait que parler de cocufiages) et on s'ennuie ferme alors que le thème était plutôt propice à un récit talentueux pour un créatif plus doué...
Et la tendresse et l'érotisme, bordel ?
Pire : elle est sortie dans le désintérêt et l'anonymat le plus total !
On cherche aussi vainement des critiques d'époque, des souvenirs de tournage : non, l'ignorance méprisante... ce film aura été un météore inaperçu...
De Seta ayant fait des études d'architecture, dans lesquelles il n'a pas mieux réussi, on ne s'étonnera pas de voir Piccoli dans le rôle d'architecte, mais "à l'ancienne" lorsque la table à dessin n'était pas encore remisée au rang de rareté décorative pour antiquaire.
Pas d'avantage de voir construite le quartier de la Défense, ou pour être plus proche de la réalité le quartier de Planoise à Besançon en cours de construction à l'époque... Lugubre.
Toujours au rang du passif de cette production, des quantités de faux raccords comme cette cheminée dont la combustion constitue une énigme quand on inspecte l'évolution de l'incinération du bois ! La script aurait-elle aussi été invitée à voir ailleurs ?
Mais insupportable encore cette bande son rendue inaudible et agaçante par des bruits parasites les plus insupportables qui soient, malgré la facilité de les corriger à notre époque...
Il est vrai que ce navet n'a pas vocation a la restauration...
Dans une telle mare à la cacophonie, même la musique de Garvarentz, pourtant auteur réputé et attitré d'Anavour, Johnny, Mitchell, (entre autres) en arrive à ressembler à "La belle des champs" de Gotainer...
Plus grand chose à ajouter sur le casting, épais comme une feuille à cigarettes, sinon que l'énigmatique beauté canadienne Joanna Shimkus (1943/----) (que j'avais au début confondue avec la regrettée Christine Pascal) n'a jamais rencontré la notoriété en France... Et son jeu calqué "nouvelle vague" n'aura pas séduit...
Mante pleureuse n'est pas vendeuse...
L'année de sortie de ce film, elle était du tournage de "l'Homme perdu" (The Lostman) où elle rencontra Sydney Poitier qui allait devenir son époux : l'heure de la retraite avait déjà sonné pour elle....
On fermera aussi les yeux sur ce boulanger miracle, voyant qu'on pique à manger sur son étal, et qui invite en pleine nuit des inconnus à becqueter, avant de se muer en hôtelier providentiel autant que gratuit...
Bref, si invitation il devait y avoir, c'est à ne pas subir ce film construit de bric et de broc : un comble pour un amateur d'architecture !
Vous vous ferez votre fin vous-même !
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TV5 Monde le 28.04.2025-