Film d’utilité publique à mettre entre toutes les mains tant il reste d’actualité !
Le film est tiré de l’histoire vraie de Gareth Jones avec seulement quelques petits arrangements avec la réalité (Gareth n’a pas été arrêté et expulsé en Ukraine mais a réussi à s’exfiltrer seul)
mais alors de quoi ca parle ?
URSS 1930, Staline est prêt à tout pour atteindre ses objectifs industriels et faire triompher l’idéologie communiste.
La collectivisation des terres et des objectifs de production délirants provoquent une famine sans précédent dans le grenier de l’Europe.
Que faire alors ? Arrêter les exportations de blé ? Faire appel à l’aide internationale comme dans les années 20 ? Vous rigolez j’espère ! On ne va quand même pas entacher la réputation du communisme et ralentir la production de tanks et de trains pour quelques millions de vies…
Si on comprend les motivations des communistes pour cacher ces atrocités on a plus de mal à comprendre les motivations des intellectuels occidentaux comme Walter Duranty, journaliste au Times et Pulitzer 1932.
Le film éclair sur ces motivations : le coût psychologique, social et économique est trop élevé. On n’a alors pas de mal à substituer une morale utilitariste avec une bonne dose de mauvaise foi à une morale absolutiste Kantienne (Tu ne tueras point).
Heureusement l’humanité pour contrebalancer les lâches comprend en son sein des braves comme Gareth Jones.
Le confort matériel ne peut les faire taire car ils se sentent dépositaires de la souffrance rencontrée. Ils savent que leur témoignage seul peut espérer le repos des âmes des innocents sacrifiés.
Ils n’hésitent pas alors à mettre leur carrière et leur vie en jeu pour tenter de faire éclater la vérité.
Malheureusement l’histoire se répète. Dans les années 70 c’est le courageux Simon Leys qui voit sa carrière universitaire anéantie pour avoir le premier dénoncer les crimes de la révolution culturelle. Ses ennemis ? Les Sartre, les Beauvoir et toute la clique qui n’hésitent pas à le traîner dans la boue et le traiter de menteur. Malheureusement chez les intellectuels le crime paye et les erreurs ne prêtent pas à conséquence sur les carrières.
Certes il est plus difficile à discerner le vrai du faux dans le présent que dans le passé mais comment ne pas voir les mêmes écueils quand les journalistes nous présentent les mêmes récits manichéens et romantisés sur les gentils groupes rebelles qui oeuvrent au moyen orient pour renverser les méchants dictateurs. Non les rebelles comme les dictateurs sont souvent des bourreaux et il n’y a pas de raison légitime au meurtre et massacre de masse. On peut seulement espérer que le moins violent triomphe.