Stéphane est une galérienne qui bosse dans une usine de conditionnement de poisson,se fait virer de son logement et dont la copine est une taularde purgeant une peine pour homicide.Mais tout semble s'arranger lorsqu'elle retrouve la trace de son père,qu'elle n'a jamais rencontré.Celui-ci est un riche homme d'affaires vivant à Porquerolles,et il l'accueille à bras ouverts.Mais l'ambiance dans la maison est franchement pesante entre l'épouse dingo,la fille officielle méfiante et la domestique revêche.Sans parler du patriarche manipulateur,qui attend de sa fille adultérine une aide providentielle.Après "Irréprochable" en 2016 et "L'heure de la sortie" en 2018,il s'agit là du troisième long-métrage écrit et réalisé par Sébastien Marnier,sorte de nouvelle coqueluche des milieux cinéphiles,quoique la hype semble déjà passée.Le mec oeuvre dans le thriller supposément sophistiqué et intelligent,ce qui ne saute pas aux yeux à la vue de ce sinistre pensum.C'est lent et poseur,ça se traîne et plus le film avance plus ça ralentit,tandis que l'auteur tente de donner le change en embrouillant la narration et en nous fourguant des divisions d'écran qui n'apportent rien mais que lui semble trouver très chouettes,et des montées en volume de la musique quand la situation est censée se tendre.Pour ce qui est de l'histoire,le suspense est vite éventé car il est d'emblée évident que la fille est une menteuse,une psychopathe et une usurpatrice.Ca voudrait s'apparenter à du Hitchcock mais ça ne vaut même pas du Chabrol tant l'intrigue est transparente et lourdingue.Ce qui ressort du récit est un pauvre discours woke convenu dont la clé est contenue dans le titre."L'origine du mal" c'est "L'origine du mâle",ce patriarcat toxique qui est la cause de tous les malheurs du Monde.Serge ,le seul homme du film,est un très sale type,misogyne,homophobe,raciste,violent et queutard,s'il avait l'âge il aurait dénoncé des Juifs sous l'Occupation,ce qui manque à sa panoplie de super-méchant.Ce portrait tout en subtilité explique les comportements erratiques du gynécée qui l'entoure.Sa femme est folle parce qu'il l'a battue et trompée,sa fille est stressée parce qu'il la méprise et la déteste,son fils s'est barré il y a longtemps car il lui mettait la pression pour qu'il lui succède,ce dont il n'avait aucune envie,et sa domestique vole parce qu'il l'exploite.Mais voilà,le gars est maintenant vieux et cardiaque,et les femmes de sa vie attendent juste qu'il crève pour profiter de sa fortune,issue dont il ne veut absolument pas,c'est pourquoi il introduit dans le jeu cette fille qu'il n'a ni reconnue ni fréquentée pendant toutes ces années.Sauf que la nana,dont on a bien compris qu'elle n'est pas du tout sa fille,va changer son fusil d'épaule au vu de la situation et rallier le camp des gonzesses,car elle a elle-même souffert de l'abandon précoce de son père.Cette overdose de féminisme revanchard donne un peu la nausée,d'autant que ce n'est pas la qualité du script qui peut rattraper le désastre.De comportements ineptes en rebondissements prévisibles,le scénario s'étale lamentablement jusqu'à une conclusion qui introduit in extremis une petite dose de morale.C'est l'immonde Laure Calamy,la comédienne hot du moment,qui tient le rôle principal.Difficile de voir ce qu'on trouve à cette pauvre créature aussi nulle que moche,mais ça marche pour elle,alors tant que ça dure.....Pas de présence,pas de charisme,pas d'énergie,jeu faux et gueule de raie,la star post-moderne dans toute sa splendeur.Doria Tillier a l'air d'avoir avalé dix tubes de calmants et son apathie,même si c'est le personnage qui veut ça,est plutôt agaçante.Dominique Blanc est pour une fois pas mal en épouse maltraitée cinglée mais au fond sympa,tandis que Jacques Weber est parfait en monstre en route vers sa punition.Suzanne Clément est là,c'est une coprod franco-canadienne,et impressionne en détenue énervée,contrairement à la jeune Céleste Brunnquell,inexistante en petite-fille rêvant de se tirer de ce guêpier.Naidra Ayadi est bien en copine arrangeante,mais n'apparait que fort peu à l'écran.