Jaime Rosales est un réalisateur important de l’Espagne. Ses films sont connus pour être très exigeants artistiquement. Il a donc décidé de faire Hermosa Juventud pour être plus en phase avec le public d’aujourd’hui, selon lui.
Si l’on peut regretter clairement cette phrase qui se présente comme une forme de dénigrement d’un public qui ne veut pas assister à des films-métaphore mais à des choses bien plus simples (impossible de leur en vouloir), il en reste que Jaime Rosales avait l’air de s’être fait violence pour offrir au public un film simple. Hermosa Juventud est extrêmement simple, c’est le moins qu’on puisse dire. Il n’y a pas un rebondissement qui n’est pas prévisible, pas un plan qui soit réellement game-changing, pas une idée de mise en scène qui ne soit correcte et pas un acteur qui ne livre une performance acceptable. Hermosa Juventud est une immense catastrophe de la part d’un réalisateur qui pensa un jour que faire des séquences de quinze minutes en filmant un portable pour montrer le temps qui passe soit une bonne idée. Bien évidemment, c’en est une mauvaise et à l’image des longs plans sans qu’il ne se passe rien, que ce soit dans l’action ou dans l’émotion procurée par les personnages agaçants et déprimants, Hermosa Juventud est un film profondément ennuyeux qu’on oubliera dès la sortie de la salle. Les acteurs sont catastrophiques, l’histoire ne présente aucun intérêt tant les personnages sont antipathiques et le thème du film porno comme sauveteur puis tueur d’une relation amoureuse est à peine effleuré. Comment défendre une telle entreprise misanthrope ?
Hermosa Juventud, de son titre jusqu’à son final lamentable, est un film aussi répréhensible que profondément ennuyeux et idiot. C’est dommage car le sujet était intéressant.