Premier film de Yasuzō Masumura que je découvre et en plus sur grand écran quelle claque ! Un mélange de frisson, de malaise, de fascination et de dégoût. La Bête aveugle m’a littéralement happé. Je savais que c’était un film érotique, c’est dans son genre, mais je ne m’attendais pas à une telle intensité. Je connaissais vaguement les grandes lignes de l’histoire, sans imaginer un déroulement aussi dérangeant.
Il y a une véritable beauté dans cet enfer que le "monstre" du film construit, une esthétique à la fois morbide et hypnotique. C’est troublant, presque séduisant, et ça laisse perplexe sur la nature humaine. La Bête aveugle réinvente d’une certaine manière a mes yeux La Belle et la Bête, mais dans une version tordue, violente et orgasmique, où la passion devient torture, et où le rapport de force dérive lentement vers le syndrome de Stockholm.
Un film à la fois repoussant et fascinant une expérience sensorielle et psychologique inoubliable en outre une aubaine pour chaque obsédé sexuelle et pour les masochistes !