Sans fioriture, efficace et d'un réalisme palpable
Premier long-métrage pour Emmanuelle Millet qui réalise un drame social assez tabou au cinéma et dans notre société, à savoir l'accouchement sous X. S'il est vrai que l'on parle plus ouvertement de l'adoption, bizarrement, dès qu'il s'agit d'accouchement sous X, le sujet se fait rare et on y va avec des pincettes. Avec La Brindille (2011), on y découvre une adulte de 20 ans qui se découvre enceinte de six mois du jour au lendemain (c'est ce que l'on appelle "le déni de grossesse"), aussi surprenant que cela puisse paraître, elle a beau être enceinte, cela ne se voit absolument pas, d'où son étonnement lorsqu'elle apprend la nouvelle, ou plutôt la triste nouvelle, car elle n'a pas l'intention de le garder. Avec beaucoup de réalisme, la réalisatrice nous plonge au cœur d'un drame émouvant et poignant, le quotidien d'une jeune mère tiraillée entre le regard des autres et son désir de ne pas vouloir d'enfant car elle ne se sent pas capable (et qu'elle n'en ressent pas le besoin). De ses allers/retours au planning familial en passant par la maternité, elle découvre un tout autre monde auquel elle n'était pas préparée. Sans fioriture, efficace et d'un réalisme palpable, le tout, parfaitement interprété par la jeune et radieuse Christa Theret.
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