Ce film à sketchs du très méconnu Yvan Noé est une curiosité qui mérite d'être découverte non pas pour sa qualité mais pour sa singularité.
Déjà, avec son préambule allégorique et emphatique, qui se poursuit dans la prosopopée (j'ai lu ce mot dans Molière je crois), on est comme étourdi !
En personnifiant le Temps, sous les traits d'une comédienne, dans une suite de sujets où la comédie, avec Fernandel, est l'exception, le réalisateur invite à une réflexion philosophique sur ce qu'il nomme joliment la cavalcade des heures, les premières ou la dernière, sur le temps qui passe ou sur le temps perdu.
C'est joliment dit mais c'est aussi très naïf et plutôt maladroit. Et si Yvan Noé est possiblement un intellectuel, il est un metteur en scène peu inspiré par son idée initiale. C'est notamment visible dans le sketch figé avec Gaby Morlay, très légèrement dirigée. Ses histoires sont dramatiques ou amères (celle avec Jeanne Fusier-Gir, sur la vie routinière, aurait pu être drôle...si le réalisateur n'avait pas décidé d'être sérieux) et sont teintées d'un moralisme assez caractéristique du cinéma sous l'Occupation.
On peut dire que l'ambition de départ se heurte à une réalisation pas à la hauteur, comme en témoigne l'absence de transitions entre les sujets.