Manuel Gómez Pereira n'est pas Billy Wilder, mais La cena est presque digne du maître américain, grâce à une écriture au millimètre et une fantaisie de tous les instants, en dépit de la gravité de l'époque dont il est question. En l'occurrence, ici, après la victoire de Franco en 1939 et la sauvage répression et précarité qui s'ensuivirent. Le dîner organisé en l'honneur du caudillo et de ses généraux, improvisé en une journée dans un hôtel reconverti en hôpital et avec l'aide de cuisiniers républicains est une belle occasion pour fustiger la virilité exacerbée et suspecte du franquisme, dans une satire superbement écrite et plus que correctement mise en scène. Chacun des éléments historiques semble à sa place, y compris pour les derniers instants du film, certes fictifs, mais qui auraient pu avoir eu lieu dans une réalité extravagante. La cena est à la fois un divertissement de belle tenue et un exercice mémoriel qui n'est pas inutile.

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le 4 mai 2026

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