Non ce n'est pas une nouvelle adaptation de l’Étranger de Camus.
Mais Marouane, le jeune personnage principal, est un peu comme Meursault. Dans le camping où il séjourne avec sa famille il semble être au milieu des autres, comprenant ce qui se passe autour de lui mais n'y participant pas complétement. Avec les autres jeunes, il suit, ou pas, il a les codes mais n'est jamais actif. Il est souvent accompagné de Noé, sorte de Jean-Claude Dusse version Tinder. On pourrait se croire être quelque part entre Les Bronzés et Pauline à la plage.
Mais c'est moins léger que les péripéties du Splendid et plus réaliste que le ciné littéraire de Rohmer.
Marouane est en apparence un jeune comme les autres, mais lui ne se sent pas appartenir pleinement à cet univers.
Étranger parmi ses semblables.
Après la gardienne de prison de 'Borgo' et l'architecte danois de 'l'Inconnu de la Grande Arche', Stéphane Demoustier nous met donc dans les pas de Marouane. Là encore le personnage est seul dans la crise, face à des choix, à l'adversité, face aux autres et aussi à soi-même. Quelle attitude adoptera-t-il à ce moment de bascule ?
Demoustier réussit à nouveau à rendre palpable les soubresauts de l'âme humaine.
Il a parfaitement utilisé son casting de jeunes acteurs non professionnels pour donner à son camping le parfum de la vraie vie.
Avec une production plus modeste en terme de moyens il gagne cette fois encore la partie.