Oui tout part du mensonge d'une élève.
Puis c'est l'accumulation qui aboutira au crime final.
Bêtise, haine, lâcheté, paranoïa, incompétence...et j'en oublie.
Et les fameux réseaux sociaux qui permettent en vitesse à n'importe qui de dire n'importe quoi.
Là-dessus les pires sont les plus forts. Ici il suffit de quelques radicaux islamistes pour semer la mauvaise graine.
La mise en scène est sobre et ne pouvait être autrement. Pas de pathos supplémentaire, pas d'effet visuel de trop, pas d'image choc. Au contraire de ce que disent certains, pas de gros plan de tête coupée, pas de caricatures de certains personnages.
La vérité suffit par elle-même.
Le film s'en tient aux faits, et ils suffisent pour nous tenir en haleine et nous mettre sous tension à la place de Samuel Paty.
Nous voyons bien l'enchaînement dramatique du mensonge initial à l'assassinat final.
La lenteur de la réaction de la hiérarchie avec la complexité et la stupidité des procédures (voir la dizaine de post-it sur le bureau de la principale). Alors que les réseaux vont tellement vite.
Nous sommes avec Samuel Paty mais aussi avec les autres personnages, y compris les plus ignobles.
Ainsi nous comprenons mieux ce qui s'est passé.
Nous sommes avec Samuel Paty, nous ressentons son incompréhension, sa détresse, le sentiment d'abandon sans doute et sa peur.
Il ne voulait sans doute pas être un héros, il n'en était sûrement pas un.
Mais finalement ceux qui l'ont lâché, ceux qui l'ont harcelé, ceux qui l'ont désigné , celui qui l'a tué ont fait de lui un héros.
Le film me semble être d'une grande dignité et d'une malheureuse utilité.