Fuir la chaleur en allant se réfugier au cinéma pour aller voir La chaleur. Check. Très content de retrouver Stéphane Demoustier, sur un canevas cette fois moins ambitieux que L’inconnu de la Grande Arche, mais très proche de La fille au bracelet. Tout aussi intéressant, quoiqu’il en soit. Il adapte ici un bouquin du même nom.
C’est un film estival. L’action se déroule intégralement dans un camping et sa plage attenante, de la côte landaise. Quelque part entre Mimizan et Biscarosse, disons. Il y a des dunes, des pins, des grillons, des baïnes, des blockhaus sur la plage, des fêtes nocturnes au bord de l’eau.
Le jeune Marwan (dix-sept ans) est en vacances avec ses parents, son petit frère et sa petite sœur. C’est son dernier soir. Avec son pote Noé, c’est un peu la déprime car ils n’ont pas serré de meufs. Tard dans la soirée, tandis qu’il traîne du côté des structures de jeux, il a une altercation avec un camarade lourd et bourré. Le type tombe et meurt sur le coup. Sans réfléchir, Marwan transporte le corps sur la plage et l’ensable.
Le lendemain dans le camping on apprend qu’un jeune a disparu. Et dans le même temps le camping continue de vivre. Et Demoustier capte à merveille cette double ambiance, d’autant plus anxiogène qu’elle se vit au crochet de Marwan, qui ne sait plus très bien quoi dire, quoi faire, s’il espère partir ou continuer de voir la belle Julia avec qui le courant passe bien.
C’est un très beau film. Un thriller qui contourne le thriller sans le refuser. Un film qui prend soin de filmer la jeunesse et les familles en vacances. Les acteurs sont par ailleurs tous très bons et tous inconnus au bataillon. Un film qui capte surtout l’atmosphère des lieux, leur respiration. Demoustier est décidément un cinéaste passionnant.