8
le 12 nov. 2012
SuivreTu ne mentiras point...
Pour évoquer ce très bon film, une scène qui se situe à peu près à son premier tiers permettra d’en dire suffisamment sans dévoiler l’essentiel des péripéties. La petite Klara (environ 5 ans), une...
Il y a dans La Chasse quelque chose d'une rare violence. Une violence insidieuse, perfide, vile, caustique.
Tout le pari était là ; rendre compte de la déchéance soudaine, d'une existence précipitamment éclatée et précipitée dans une solitude insoutenable.
Et le pari est réussi haut la main. Thomas Vinterberg prend sa caméra, et réussit avec une facilité déconcertante, à réaliser ce délicat objectif.
Il rend compte de cette violence par son image. Si on pourrait la constater terne, froide, sans véritable style, est recèle pourtant d'un sens qui rend chaque plan d'une intelligence folle. Embarquée, comme elle l'est trop souvent,de nos jours, dans des films dits sociaux, la caméra est photographie d'une justesse rare. Les plans anodins, à l'allure documentaire, pourtant embellis par de magnifiques jeux de lumières accusatoires, sont gorgés d'un sens d'une rare intelligence, dont on ne saura trop rendre compte et célébrer.
Toujours simple sans jamais verser dans le classique ou le simpliste, le scénario propose une descente aux enfers ciselée, disséquée, analysée avec distance et froideur, lente et progressive tout en paressant d'une radicalité et d'une rapidité toujours entretenue. Chaque minute du film est stupeur et surprise estomaquée. On ne sait où se mettre. On pense à tous les personnages, tous magistralement interprétés, Mads Mikkelsen le premier, évidemment, attachant, sauvage et complexe, entretenant et conservant l’ambiguïté de son personnage dont on aimerait corriger les réactions ratées et les imperfections, dont on aimerait qu'il se défende avant d'en arriver au supposé irréparable, dont aimerait qu'il ne rejetât pas ceux qui l'épaulent, tous ayant raison, tous ayant tord.
Multipliant les points de vue, Vinterberg nous perd et nous fait presque douter. La paranoïa est contagieuse. Mais là où Vinterberg est génial c'est qu'il évite toujours l'insupportable, ne nie ni ne cache jamais la violence mais dont il ne la détourne pas pour proposer un film révoltant, cru, dérangeant et énervant. Son film est éprouvant, mais l'on y trouve du secours, des bouées dans cet océan tourmenté, de même que le héros, à la dérive, trouve refuge en ses amis qui croient toujours en sa sincérité.
Si l'on aurait pu s'arrêter au dîner de Noël, réconciliation supposée entre les deux amis, on admire pourtant cette fin terrible, vorace, qui sème un doute palpable et rajoute du piquant, se gardant bien de donner les réponses pour nous laisser sur ce constat tragique : rien n'est jamais oublié.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films de 2012, Les meilleurs films avec Mads Mikkelsen, Les meilleurs films de Thomas Vinterberg, Journal Cinéphile de 2020 et Festival Lumière 2020
Créée
le 23 janv. 2016
Critique lue 417 fois
8
le 12 nov. 2012
SuivrePour évoquer ce très bon film, une scène qui se situe à peu près à son premier tiers permettra d’en dire suffisamment sans dévoiler l’essentiel des péripéties. La petite Klara (environ 5 ans), une...
8
le 25 nov. 2012
SuivreLucas, s'appliquant dans son travail dans un jardin d'enfants, gère cahin-caha son existence en reconstruction, entouré de ses amis chasseurs de toujours, tout en espérant que bientôt son fils vienne...
9
le 30 oct. 2012
SuivrePourquoi voir La Chasse ? Quatre arguments imparables, pour l’acteur Mads Mikkelsen (devenu une star mondiale depuis sa prestation mémorable de Le Chiffre dans Casino Royale), pour le réalisateur,...
7
le 2 oct. 2024
SuivreIl y a au départ la petite histoire qui donne son origine cocasse au film : la rencontre, tumultueuse pour le moins, de François Ruffin avec Sarah Saldmann, chroniqueuse sans grande finesse du...
3
le 13 mai 2015
SuivreOreilles pudiques s'abstenir. Ici on est dans du réalisme madame. Du vrai. "La Tête Haute" est typiquement le cinéma que je vomis. Celui qui se dit "social" et qui de ce postulat décide de se...
8
le 21 févr. 2023
SuivreLa Nuit où Laurier Gaudreault s'est réveillé est probablement l'œuvre la plus dure et la plus mure de Xavier Dolan, construite comme une compilation presque étouffante de tous ses thèmes, de toutes...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème