C'est avec un poil d'appréhension que je redécouvre ce film si souvent vu dans ma jeunesse. 45 ans après sa sortie, sera-t-il encore efficace ? Les multiples visionnages d'antan auront-ils effacé l'effet comique ? Les affaires judiciaires de Depardieu vont-elles me gâcher le plaisir ?
Et bien fort heureusement, "La chèvre", c'est toujours aussi bon ! Certes, la mise en scène de Francis Veber demeure fonctionnelle, oserais-je dire simple. Mais le film peut mise sur trois atouts principaux.
D'abord, le scénario mené à un train d'enfer. C'est un film d'aventure de 1h30, ça démarre très vite, et ça enchaîne. Sans tomber dans la frénésie, sans devenir décousu. C'est une comédie policière, un buddy movie efficace, avec des situations bien trouvées sur la malchance.
Qui dit buddy movie dit tandem, et celui de "La Chèvre" vaut son pesant de cacahuètes. Ca fonctionne immédiatement entre Pierre Richard et Gérard Depardieu. Le premier reprenant son personnage de François Perrin / Pignon, ici un comptable terriblement malchanceux, embauché pour retrouver la fille tout aussi malchanceuse d'un PDG, qui a disparu au Mexique. Il oscille entre une assurance lunaire, et une propension aux gaffes et à la maladresse qui le rendent sympathique, car le personnage est loin d'être idiot.
Depardieu incarne Campana, ce détective privé rude, agacé d'encadrer une mission basée sur la malchance. Et qui va en voir de toute les couleurs. Leur association va faire des étincelles dès le départ, tant par leur différence que par le fait que Campana n'avoue pas à Perrin la vraie raison de sa présence dans l'enquête.
Enfin, le tournage sur place apporte beaucoup d'exotismes et de charme. Tandis que la restauration donne un joli teint ensoleillé au film. On peut pinailler en pointant du doigt que les Mexicains parlent français (!), ou avec cette séquence (heureusement courte) où un acteur en costume fait office de gorille (!!). Mais globalement il se dégage un parfum d'aventures que beaucoup de comédies françaises ultérieures peineront à reproduire. Jusqu'à un final poétique où la mise en scène de Veber est davantage relevée.