Ce film est une application individuelle de la loi de Murphy, appelée aussi loi de l'emmerdement maximum. C'est la loi qui régit la tartine beurrée et confiturée qui tombe au sol. Toujours du bon côté.
C'est une loi normalement applicable aléatoirement à tout un chacun. Ici, c'est la version individuelle qui s'applique à un seul homme qui concentrerait ou attirerait systématiquement le mauvais œil..
Dans ce film, un tel homme accompagne un vrai détective pour retrouver la fille, tout aussi malchanceuse sous les conseils avisés d'un fin psychologue d'entreprise. En effet, persuadé que la malchance attirant la malchance, la présence d'un malchanceux dans l'enquête augmente les chances de retrouver la petite. Le scénario est astucieux.
Ainsi le cartésien et pragmatique Campana (G.Depardieu) et le doux rêveur Perrin (P. Richard) jouent un savoureux duo - mal assorti - de détectives en mission au Mexique. Les gags s'enchaînent et sont souvent hilarants. Par exemple, je ne résiste jamais à la gifle que reçoit Pierre Richard après avoir proposé 50 dollars à une femme seule au bar surtout à son air piteux et décontenancé quand il retourne s'asseoir. Ni à l'exaspération de Depardieu quand Richard prend un air protecteur de chef de mission.
Le comique fonctionne bien sur les oppositions sérieux pro/sérieux amateur ou encore pragmatique/romantique ou encore fonceur/rêveur.
De la série des trois films Perrin/Pignon par P. Richard vs Campana/Lucas par Depardieu, "la chèvre" est le premier et me semble le plus réussi peut-être par le ton débridé et surtout dépassionné qu'il n'y aura pas autant dans les deux suivants.
Dans tous les cas, un belle réussite.