Le film d'épouvante nullissime vanté par l'attachée de presse qu'interprète Chantal Lauby -la fameuse Odile Deray- trouve un écho inespéré pendant le festival de Cannes: ses projectionnistes sont successivement assassinés par un mystérieux (pas tant que ça en fait) individu.
Les Nuls dispensent dans leur premier film leur dérision et leurs incongruités, leur humour parodique et leurs blagues scatologiques. Leur comédie policière, proposant quelques clins d'oeil à différents films récents ("Basic instinct" entre autres) et conviant un certains nombres de visages connus à faire une pige, s'appuie sur un scénario-prétexte et, comme on s'y attendait, nettement insuffisant. On lui trouvera d'autant moins d'intérêt que la mise en scène de Berberian, s'effaçant modestement derrière les trouvailles comiques des véritables auteurs du film, n'a aucun relief.
Sur l'inspiration des Nuls, on dira qu'il y a du bon et du moins bon, de l'inattendu et du grossier, des gags qu'on trouvera, avec le temps, usés; en clair, la scorie qu'on trouve dans toutes les parodies loufoques. C'est finalement Alain Chabat, le meilleur acteur des trois Nuls, qui s'en sort le mieux, en flic attaché à la sécurité des personnalités, un imbécile qui se la joue. Gérard Darmon, commissaire de police poseur, n'est pas mal non plus.