Si le Festival de Cannes a rarement récompensé des comédies absurdes, il aurait dû faire une exception pour La Cité de la peur. Sorti en 1994 et signé Alain Berbérian, ce film culte du trio Les Nuls est une déclaration d’amour au non-sens, aux jeux de mots foireux et aux situations improbables. Un chef-d'œuvre de l'humour qui, comme un bon paquet de chamallows, se déguste sans modération.
🎬 Un scénario plus élaboré qu’il n’y paraît
L'histoire suit Odile Deray (Chantal Lauby), attachée de presse sans scrupules qui tente de promouvoir un nanar d'horreur fauché, Red is Dead, au Festival de Cannes. Seul problème : les projectionnistes qui passent le film sont systématiquement assassinés d’une manière aussi sanglante qu’inexplicable. Pour assurer sa sécurité, elle fait appel à un garde du corps improbable, Serge Karamazov (Alain Chabat), un homme dont la capacité de réflexion est inversement proportionnelle à son enthousiasme et son envie de se taper tout ce qui bouge. Ajoutez à cela Simon Jérémi (Dominique Farrugia), acteur raté et attachant, et vous obtenez un cocktail explosif d’humour et de références.
😂 Un humour absurde et des répliques cultes
Si La Cité de la peur est devenu un film mythique, c’est avant tout pour ses dialogues ciselés, truffés de phrases devenues patrimoine national :
- « On peut tromper une fois mille personnes, mais on ne peut pas tromper mille fois une personne. »
- « Il est mort… Bon bah on peut peut-être en profiter pour bouffer ? »
- « Vous voulez un whisky ? - Oh juste un doigt. - Vous ne voulez pas un whisky d’abord ? »
Le film regorge de gags visuels, de calembours foireux, de jeux de mots foireux mais géniaux et surtout d’un rythme millimétré qui enchaîne absurdité sur absurdité.
🎭 Un casting parfait pour un joyau de la comédie
Le trio Chabat-Lauby-Farrugia est en roue libre et c’est un pur bonheur. Chabat campe un garde du corps aussi efficace qu’un rideau de douche contre une tempête, tandis que Farrugia joue un acteur avec l’émotion d’un meuble IKEA. Ajoutez à cela Gérard Darmon, impeccable en policier blasé mais incroyablement stylé sur la piste de danse, et une pléiade de seconds rôles géniaux.
Parmi eux, Tchéky Karyo, qui joue l’un des malheureux projectionnistes assassinés, scène mémorable où il est au téléphone juste avant de succomber. Valérie Lemercier, dans le rôle de sa veuve, est hilarante avec son flegme légendaire et sa tasse de café gigantesque, une absurdité visuelle qui résume parfaitement l’humour du film. Enfin, Emile, l’assistant d’Odile, devient culte à lui seul avec ses interventions laconiques et son air éternellement blasé, prouvant que parfois, une simple présence suffit à marquer les esprits.
🎶 Une bande-son qui traverse les âges
Impossible de parler du film sans évoquer la scène de la Carioca. Ce moment, devenu culte, voit Chabat et Darmon danser sur un air irrésistible, une chorégraphie aussi ridicule que mythique. Cette séquence, hommage délirant aux comédies musicales, est gravée à jamais dans l’histoire du cinéma comique français.
🎥 Une parodie du cinéma et un hommage au 7e art
Derrière ses blagues et son humour débile assumé, La Cité de la peur est aussi une lettre d’amour au cinéma. Le film pastiche les polars, les films d’horreur et les thrillers, tout en rendant hommage à Cannes et son monde du cinéma avec une affection moqueuse.
Verdict : 10/10 🎬
Délirant, culte, incontournable, La Cité de la peur est une masterclass de l’humour absurde. Un film qu'on peut revoir encore et encore, en récitant les dialogues par cœur. Seul bémol : paix à l’âme des projectionnistes assassinés. Un métier à risque en 1994…
À voir, revoir et re-danser sur la Carioca !