Notes sur le film : Dans ce film d’intrigue de cour aux couleurs chatoyantes, le cérémonial scande le rythme de la vie au sein du noyau royal. Derrière la force perçu devant la précision protocolaire, comme devant la lourdeur et le faste des costumes, on ressent progressivement l’enfermement des personnages autour du chef, qui observent mais aussi subissent le protocole qui scande leur journée. Ce qui traduit leur soumission au chef (Chow Yun-fat), lequel tire les ficelles et dont le cérémonial est l’extension du pouvoir. La reine (Gong Li) en fait exemplairement l'expérience quand elle tente de refuser le médicament que l'empereur lui impose, avant de céder au protocole qui la condamne lentement – et dont elle sait qu’il la condamne.
La force du film est de montrer que le pouvoir est puissant, et que, dans ce lieu et dans ce temps, il s’incarne ailleurs que dans la personne du chef stricto sensu : le protocole, le cadre, le nombre des domestiques, mais aussi les guerriers, qui incarnent la force dévastatrice, tout concours au gigantisme du pouvoir, et donc à le renforcer. Et c’est par l’image, d’une grande beauté plastique, que cette idée passe.
On regrettera seulement la dernière demi-heure, consacrée à du combat, qui présente une idée redondante – on avait déjà saisi la grandeur du pouvoir, imposant -, mais surtout le fait sans souffle, et avec des effets spéciaux approximatifs, de nature à nous sortir de La Cité interdite.