Le drame de Carol Reed rend hommage aux marins de remorqueurs anglais qui, au péril de leur vie, secourent, au début de la seconde guerre mondiale, la flotte marchande assaillie par les sous-marins allemands.
William Holden est le nouveau capitaine d'un de ces remorqueurs qui font des cibles faciles lors de leurs sorties en mer. Les séquences de combat, remarquablement filmées, sont plutôt simples mais pas dépourvues d'une certaine intensité dramatique. En revanche, dans une alternance assez schématique de missions en mer et de retours au port, le cinéaste se montre moins convaincant sur la terre ferme que sur les flots. Les escales du capitaine Ross sont consacrées à la relation qu'il entretient avec sa logeuse Stella (Sophia Loren), jeune femme traumatisée par tant de navigateurs tués...qui ont chacun leur tour détenu une certaine clé.
La dimension psychologique attachée au personnage de Sophia Loren- choix artistique contestable mais sans doute commercialement judicieux- s'exprime essentiellement par les silences, l'air absent et le visage fermé, affligé, de la comédienne, confinée dans son deux pièces-cuisine en attendant le retour hypothétique de ses hôtes éphémères. C'est insuffisant et jamais la douleur de Stella ou l'intérêt que Ross lui porte ne fait naitre la moindre émotion, faute d'un point de vue sensible.
Animé sur mer, le récit se fige sur terre.