Sans être un chef d’œuvre, ce film décrit avec précision l’âpre conquête de la colline 203 par l'armée japonaise pendant la guerre russo-japonaise de 1905. Ce verrou stratégique protégeant Port Arthur a été finalement capturé au prix d'un véritable massacre et d'un véritable gâchis en vie
humaine. Avec cette victoire, le Japon devint la seule puissance asiatique à pouvoir rivaliser avec les occidentaux jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale.
Disposant d'un budget conséquent, le film nous offre une reconstitution détaillée des événements. Néanmoins, je suis quelque peu mitigé devant le résultat. D'un côté, l’œuvre retranscrit d'une manière très convaincante la boucherie des combats et les assauts à outrance parfaitement inutiles (le film a un petit coté gore). Mais d'un autre coté, le film est parfois assez lourd dans la mise en scène des combats : on a droit à des Banzaï toutes les cinq minutes, du faux sang qui fait penser à du ketchup, et des sacrifices héroïques un peu facile. De plus, le film dure plus de trois heures et on finit, à force, par perdre le fil de l'histoire.
Concernant les acteurs, on peut noter la présence de l'excellent Tatsuya Nakadai dans l'un des rôles principaux ( le général Nogi), et de Toshiro Mifune dans le rôle de l'empereur Meiji. Comme d'habitude on aura droit à une histoire d'amour aussi secondaire qu'inutile entre un jeune lieutenant idéaliste et une jeune femme afin de fournir le quota de mièvrerie.
La colline 203 n'est donc pas exempt de défauts, mais a le mérite de mettre en image un conflit quelque peu oublié.