La Comtesse de Hong-Kong par Camille Bouderlique
Aux apparences de film raté (faux-raccords incessants et dialogues inutiles) le dernier film Chaplin, qui ne s'est donc jamais habitué au cinéma parlant, dégage quelque chose de l'ordre du palpable. L'émotion réside ici dans l'ambiant, dans le sous-jacent, dans le fond du cadre. Cette tristesse que l'on ressent à la fin du film, n'est liée ni au jeu de Brando, ni à la mise en scène à strictement parler, mais bien dans le climat de l'oeuvre.
On assiste à une sorte de mélange des genres loupé entre classicisme et burlesque, dont ne ressort qu'une certaine poésie du gag. Finalement, ce qui marque ce film c'est le fait que malgré une intrigue, des acteurs et une réalisation classique, Chaplin ne réussit que dans ce qu'il a déjà fait: émouvoir par la poésie, par l'empathie.
Ce qui nous plaît, ce qui nous atteint dans le film, c'est ce certain regard Chaplin, cette sensation que l'on retrouve dans chacune de ses oeuvre, Cette émotion qui nous submerge sans même, ici, que l'on sache vraiment pourquoi. .