La Constellation Jodorowsky
7.2
La Constellation Jodorowsky

Documentaire TV de Louis Mouchet (1994)

Jodorowsky : tellement indescriptible que même les films qui lui sont consacrés déroutent. La Constellation Jodorowsky avait commencé comme un très banal et paisible documentaire, qui évoquait le co-fondateur du mouvement Panique comme il aurait évoqué l’architecture romane ou la fabrication du saindoux. Le truc qu’on pourrait regarder en mangeant ou en faisant du repassage. Interventions émouvantes de Marcel Marceau, creuses – et sans sous-titrages – de Peter Gabriel, plutôt convenues d’Arrabal et intéressantes de Giraud / Moebius. Passages obligés sur l’arrivée du Chilien à Paris, sur sa formation de mime, sur les happenings paniques, sur les thèmes de ses films et des bandes dessinées pré-1994, sur le magnifique échec de Dune, sur la folie, sur le tarot… Et c’est là que ça devient (psycho-)magique.
Jodorowsky a raison : il n’est pas un gourou. Et heureusement : un charisme comme le sien entre les mains d’un homme mal intentionné, ça vous renvoie Aum, le mouvement raëlien et le Temple solaire aux oubliettes.
Dans la dernière séquence, particulièrement longue, le documentariste se retrouve dans son propre film. (Il y avait un signe avant-coureur quelques minutes plus tôt, quand Louis Mouchet lit des extraits de Jung à son sujet.) Sans en dévoiler trop, disons qu’il s’agit d’un extrait d’une conférence – en réalité moins une conférence qu’une séance de psychothérapie en public. Les propos de Jodorowsky, qui affirmait un peu plus tôt que son art devait aider les gens à aller mieux, prennent tout leur sens.

Alcofribas
7
Écrit par

Créée

le 29 déc. 2016

Critique lue 352 fois

Alcofribas

Écrit par

Critique lue 352 fois

1

D'autres avis sur La Constellation Jodorowsky

La Constellation Jodorowsky

La Constellation Jodorowsky

7

Alcofribas

1365 critiques

L’invasion des Jodorowsky

Jodorowsky : tellement indescriptible que même les films qui lui sont consacrés déroutent. La Constellation Jodorowsky avait commencé comme un très banal et paisible documentaire, qui évoquait le...

le 29 déc. 2016

Du même critique

Chroniques de la haine ordinaire, tome 1

Chroniques de la haine ordinaire, tome 1

9

Alcofribas

1365 critiques

Littérature

Je suis sociologiquement prédisposé à aimer Desproges : mes parents écoutent France Inter. Par ailleurs, j'aime lire, j'ai remarqué au bout d'une douzaine d'années que quelque chose ne tournait pas...

le 6 août 2013

Un roi sans divertissement

Un roi sans divertissement

9

Alcofribas

1365 critiques

Façon de parler

Ce livre a ruiné l’image que je me faisais de son auteur. Sur la foi des gionophiles – voire gionolâtres – que j’avais précédemment rencontrées, je m’attendais à lire une sorte d’ode à la terre de...

le 4 avr. 2018

Le Jeune Acteur, tome 1

Le Jeune Acteur, tome 1

7

Alcofribas

1365 critiques

« Ce Vincent Lacoste »

Pour ceux qui ne se seraient pas encore dit que les films et les albums de Riad Sattouf déclinent une seule et même œuvre sous différentes formes, ce premier volume du Jeune Acteur fait le lien de...

le 12 nov. 2021