La Crise a beau dater de 1992, il reste encore d'actualité. Un type qui perd tout du jour au lendemain, son travail, sa femme, évidemment, ça arrive encore aujourd'hui tant la situation économique ne s'est guère améliorée depuis.
Coline Serreau aborde aussi des thématiques comme le féminisme, l'écologie ou le bien manger pour bien vivre qui n'étaient pas en vogue au début des années 90. Pour se faire, elle prend de bons acteurs comme Vincent Lindon, Patrick Timsit, Michèle Laroque, Maria Pacôme ou Zabou pour déclamer ses dialogues en mode mitraillette. La tirade de la mère de Victor est particulièrement savoureuse ou Isa qui sort ses quatre vérités à Didier pour refuser d’emménager avec lui. Là encore, on ne peut pas dire que les arguments qu'elle utilise sont dépassés. Et que dire de Michou remettant à sa place le bourgeois socialiste condescendant habitant à Neuilly.
Mais, à travers tous les problèmes de Victor qu'il n'arrive pas à exprimer parce que personne ne l'écoute, est-ce qu'il ne s'agit pas du reflet d'une société (et ceux qui la composent) après dix ans de mitterrandisme de plus en plus individualiste persuadée que ses propres problèmes sont toujours plus importants que ceux des autres ?