Cette série B visiblement trop vite tournée s'appuie sur un scénario simpliste. Filmé pour l'essentiel dans une prison allemande, le sujet consiste, en cette année 1943, à exalter le sentiment patriotique des Français malgré la défaite. Dans ce brutal camp de prisonniers sont confrontés des geôliers abjects et des français revanchards, très chatouilleux sur la question de l'honneur, avec parmi eux, pour le symbole, un mauvais français pourri par l'argent qui aura le châtiment mérité pour l'ensemble de son oeuvre collaboratrice.
On ne fera pas la fine bouche sur la qualité et le contenu de ce film de propagande compte tenu de l'époque et de ses nécessités. Toutefois, la grandiloquence, notamment de l'aumônier - il est l'incarnation du Bien contre la barbarie nazie, en même temps qu'il tend à affirmer qu'il n'y a pas d'espérance hors le sentiment religieux- peut prêter à sourire ; de même qu'on peut trouver incongrue la révolte irréaliste d'un village français contre l'occupant.
Cette énième allégorie de la liberté est donc plus une curiosité qu'une réussite, les comédiens composant des personnages particulièrement manichéens et chargés de sens.