Tourné quasi-intégralement en caméra subjective, ce qui en fait son originalité mais aussi sa limite, "La Dame du lac" utilise ce procédé dans le but de mieux nous faire identifier au protagoniste de l'histoire, le mythique héros de Raymond Chandler, Philip Marlowe.
Quand il reçoit un coup de poing, on ressent le coup de poing car la caméra vacille, quand il est sonné et qu'il rampe, on ressent bien la situation pénible dans laquelle il est, etc... La prouesse technique mérite d'être soulignée. Mais en même temps, on ne voit jamais, excepté quand il est devant un miroir, ses expressions de visage donc l'empathie avec le personnage est inévitablement limité.
De plus, l'histoire qui, Raymond Chandler oblige, serait aussi bête d'essayer de comprendre que de prendre un TGV en marche, ne justifie pas particulièrement l'utilisation de ce moyen technique. Et on a tendance aussi à ressentir la lourdeur de la caméra car les déplacements de l'acteur principal (et aussi réalisateur !!!) Robert Montgomery manque quelques fois de fluidité et de naturel.
En parlant de l'acteur justement, on peut lui reprocher d'être trop propre sur lui, d'être trop élégant pour jouer un Marlowe crédible. D'ailleurs, il a tendance à se faire totalement voler la vedette par une excellente et délicieuse Audrey Totter (la secrétaire allumeuse n'est pas mal non plus au passage !!!) dont on voit, contrairement donc bien sûr à son partenaire, avec plaisir la très grande diversité de ses expressions.
A noter, si vous êtes attentifs, un indice dès le générique de début...