Depardieu joue Gérard, un ingénieur au chômage technique qui garde seul son enfant, sa compagne a rejoint le mouvent de la libération des femmes. Il va rencontrer une jeune femme, Ornella Muti, avec qui il va non seulement développer un rapport de soumission, mais en faire aussi un objet sexuel. Jusqu'au jour où celle-ci se révolte, et remette en cause sa virilité.
Il ne faut pas oublier que dans la première décennie de la carrière de Depardieu, celui-ci jouait essentiellement dans des films d'auteur, des polars, des drames, et il faudra attendre 1980 avec L'inspecteur la bavure et La chèvre pour le voir faire des comédies. D'où le fait que je ne sois pas surpris qu'il jouait à cette époque-là avec Marco Ferreri, grand provocateur devant l'éternel, mais en découvrant La dernière femme, il y a de quoi être proche de la sidération.
Car le film interroge ni plus ni plus que la virilité de l'Homme, représenté ici par un Depardieu tout simplement incroyable. Ce qu'il fait ici serait tout simplement impossible de nos jours par n'importe qui ; une fois dans son appartement de la ville nouvelle de Créteil, il évolue la plupart du temps à poil, sans aucune inhibition, et allant même jusqu'à se tripoter fréquemment, pour finir en érection ! Loin d'être un simple gadget ou un élément de voyeurisme, c'est clairement un moyen de montrer un homme, on dirait aujourd'hui un beauf en l'espèce, qui ne pense qu'avec sa b..., qui a un amour sincère pour son fils, dont il tripote aussi le zizi, mais qui semble aimer Ornella Muti parce qu'elle est sublime, sans réel avenir autre que de coucher ensemble.
Le film date de 1976, et comme on en voit un extrait dans un journal télévisé, c'est peu après la libération de la parole des femmes, qui osent se révolter contre l'ordre étable, Ornella Muti représente ça. Peu à peu, elle va prendre le contrôle sur le corps, sur sa sexualité, et peu à peu sur son couple, et en disant simplement à Depardieu qu'il ne la fait pas jouir, cette simple réplique représente une avancée dans l'émancipation de la Femme. C'est pour cela que ses atours provocants, le film est bien plus subtil et intéressant que ça. Pour l'anecdote, on croise l'ami Michel Piccoli et Renato Salvatori, mais c'est essentiellement un drame dans un appartement de la banlieue parisienne, qui aurait été sans doute impossible à produire quelques années plus tôt, mais qui représente en soi une date.