Dans la seconde partie du film, on entre pleinement dans le psychodrame sentimental que le réalisateur Compton Bennett prend le temps de mettre en place tout au long de la première partie. Le niveau baisse alors, même si le cinéaste évite les travers pesants du mélodrame. La situation est néanmoins convenue.
Madame Forsyte s'éprend du fiancé de sa belle-sœur (ça peut arriver) et le drame à quatre personnages n'est que très lisible. Je lui préfère la peinture de la bourgeoisie victorienne que Bennett met en scène non sans ironie et grâce à laquelle l'intrigue conserve un certain intérêt et de la crédibilité.
Les Forsyte forment une famille de parvenus enrichis par les affaires et se considèrent comme les nouveaux aristocrates du royaume. Le clan ne consent guère à accueillir des roturiers. Compton Bennett n'est pas James Ivory; toutefois, ces considérations sociales constituent un cadre utile au mélo qui se dessine. Le film réserve par ailleurs un très joli rôle à Errol Flynn, un contre-emploi où l'acteur est parfait en Soames Forsyte, séduisant mais vaniteux et méprisant. La souffrance contenue que cache cette figure multiple permet à Errol Flynn une belle prestation toute en humanité vraie.