Bon alors je sais, mes critiques se font aussi rares que les éclairs d'intelligence d'Aurore Bergé, d'ailleurs, pour situer le niveau de motivation du moment : j'ai même pas eu le courage de lire le bouquin avec mes propres yeux (passé la quarantaine, on a vite tendance à s'endormir au bout de 3 pages après une longue journée de boulot). Trop d'efforts de tourner les pages. Du coup, j'ai opté pour la version livre audio, en mode conduite "accompagnée". Déjà à l'oreille, on sentait bien que c'était une bouse littéraire de compétition. Mais ma curiosité morbide m'a poussée à me lancer dans le film, histoire de voir si y'avait possibilité de relever le niveau, ou si c'était peine perdue..
Et là... Surprise ! (Non). C'est quasiment pire. Merci au réalisateur d'avoir pris un truc déjà bancal pour en faire un nanar digne de "Jamais Plus", mais au moins là on se marre tellement c'est ridiculus.
Mais ne lisez pas ce qui suit si vous n'avez ni vu le film ni le le livre :spoiler à gogo et mauvaise foi à tous les étage seront de bon aloi : c'est simple, y'a rien qui va. On dirait que le casting a été fait par un directeur artistique en descente de coke. Dans l'odralphabetix des catastrophes, on a :
- Le cas Nina (Amanda Seyfried) : alors ma chérie, dans le livre t'es censée être au bout de ta vie, négligée et avoir pris 20 kg. Là, on dirait que tu sors d'un shooting pour Vogue entre deux séances de pilates. T'es impeccable, t'es mince, t'es tout sauf crédible. Faut arrêter le délire deux minutes.
- Le cas Millie (Sydney Sweeney) : Elle a le bon body pour le rôle, ok, ça fait zizir aux yeux de ces messieurs (et de ces dames qui aiment l'Edam), mais alors l'attitude... On dirait qu'elle s'emmerde comme un rat mort. Et apparemment, ça choque personne qu'elle fasse le ménage en tenues ultra-skimpy tout le long du film ? Crédibilité = néant.
- Le cas Andrew (Brandon Sklenar) : Bon, lui, c'est le seul qui sauve les meubles (cocasse vu tout ce qu'il pète à la fin) et donc le film. Il joue plutôt juste, il est là, il montre son fiak. C'est uniquement pour sa pomme que je lâche un 4/10 généreux. Merci mec.
Et puis le scénario... mon dieu le scénario. C'est écrit avec les pieds, mais carrément les pieds de Philippe Croizon. La relation Nina/Enzo (joué par Michele Morrone, le gars de 365 jours.) est survolée en mode TGV, ça n'a ni queue ni tête. Le mec sert de décor.
Mais le pire, c'est la fin. Spoiler alert : la séance de torture de Millie. Dans le bouquin, passe encore, car il s'agit d'une torture bloodless, le scénariste du film s'est dit : "Mmmh, une meuf allongée avec un livre, c'est pas assez visuel pour Hollywood. Allez hop, sortez l'hémoglobine !" Résultat : on passe d'un thriller psycho à un mauvais remake de Saw. Mais là ? Meuf, t'as 21 coupures, tu te vides de ton sang, t'es censée être en choc hypovolémique, pas en train de faire du MMA contre un gars qui fait trois fois ton poids ! C'est physiquement impossible. Même avec toute la volonté du monde, t'es juste pas censé avoir l'énergie.
D'ailleurs, j'ai appris en fouinant que le film a été censuré en Inde où ils ont coupé... la scène de tire-lait ?!? (Nan mais sérieux ? C'était ça le climax du film ?). Et le tout dure 2h11. Donc à vous de voir, moi j'ai vu, mais vous verrez pas forcément, en tous cas je en vous le souhaite pas.
Bref, c'est dommage parce que le plot twist de base est bon, mais l'exécution est catastrophique. La gamine (insupportable dans le bouquin : on sait jamais pourquoi alors qu'elle a siuboit un traumatisme et ne devrait, par conséquent, pas du tout aussi confiante et peste) devient un perso totalement osef dans le film (bravo l'écriture), on sait même pas si elle capte que sa mère n'y est pour rien dans sa tentative de noyade.
Version abrège frère : passez votre tour, encore plus si vous vous êtes infligés le livre.