Thriller domestique sous perfusion avec option décolleté narratif.

J’ai un travers : la curiosité face aux succès populaires. Je n’attendais pas grand-chose de La Femme de ménage, juste un petit thriller divertissant. Je n’ai pas lu le livre et le film ne me donne absolument aucune envie de le faire.


Ici la narration se transforme le suspense en notice explicative. Chaque rebondissement arrive avec la même subtilité qu’un tractopelle pour planter un géranium, et le twist débarque avec la discrétion d’un feu d’artifice dans un confessionnal : impossible de le rater, même en somnolent.


Mais le scénario ressemble surtout à un manuel pour affrioler la ménagère qui s’ennuie : routine bourgeoise fissurée, danger pseudo sulfureux, transgression calibrée pour rester parfaitement inoffensive. Le “héros” traverse tout ça en marcel, le réalisateur visiblement persuadé que ses biceps et sourire ultra bright constituent un arc narratif. Spoiler : non.


Et puis il y a Sydney Sweeney, dont la présence relève quasiment du gimmick visuel. Le film semble minuté pour rappeler à intervalles réguliers l’existence de sa poitrine, utilisée comme ressort narratif principal et probablement comme argument commercial destiné à convaincre le compagnon de la ménagère qui s’ennuie d’accompagner à la séance de cinéma. Elle tente d’exister entre deux cadrages appuyés, mais difficile de construire un personnage quand la mise en scène vous traite comme un panneau publicitaire doté de dialogues.


Pour le reste de la troupe, tout le casting semble coincé dans un concours de regards mystérieux sponsorisé par la fashion-week. Les personnages tirent tous une tronche de six pieds de long, comme si on leur avait interdit toute trace d'émotion autre que “je cache un secret très grave que même le scénario ignore et je suis méga sombre et mysterieux”. Prix spécial du jury au jardinier.


Le plus frustrant reste que ces thèmes ont déjà été traités bien plus finement dans Gone Girl ou La Fille du train, qui construisent une vraie tension psychologique et jouent avec l’ambiguïté. La femme de ménage distribue ses cartes face visible en espérant qu’on applaudisse quand même.


Le film arrache malgré tout ses deux points lors d’un final torture-revenge qui surgit un peu sans prévenir : brutal, bordélique, mais enfin un peu vivant. Pendant quelques minutes, on entrevoit un petit thriller nerveux que le film aurait pu être s’il avait eu autre chose qu’un cahier des charges marketing pour inspiration.


2/10.

Un point pour l’hémoglobine surprise.

Un point pour avoir prouvé qu’on peut faire un thriller sans suspense, ce qui reste une forme de performance ;-)

dieujaune
2
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le 14 févr. 2026

Critique lue 24 fois

dieujaune

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