L'industriel Chauchois (Albert Préjean) a le mérite d'être riche; mais son style sans façons de roturier indispose ses aristocratiques épouse et belle-mère.
Pierre Caron, grand pourvoyeur de comédies burlesques et de nanars, les unes incluant souvent les autres, tourne une farce dont les figures farfelues rappellent par moments, en moins réussies, celles des comédies de Jacques Prévert à la même époque.
Dans un milieu aristocratique snob et ridicule -on se donne du Totor et du Doudou entre gens du monde- le sujet saugrenu prend forme avec la fessée annoncée par le titre, et administrée en conséquence, qui détermine ensuite un vaudeville qu'on pourra éventuellement trouver balourd mais qui est somme toute assez cocasse grâce à son ingénuité et à de plaisants petits numéros d'acteurs (Armand Bernard, Carette, Marguerite Moreno et les autres). Avec cette découverte inattendue (de ma part) que la télévision est déjà entrée dans les foyers, au grand dam de Chauchois d'ailleurs...
On peut regretter que le film de Caron soit trop caricatural et futile pour faire une satire de la haute société et que sa conclusion soit bâclée; mais on y trouve de savoureux personnages, tel ce prince, époux docile candidat à la présidence de la ligue pour l'autorité maritale ou ce fabricant d'ascenseurs myope (Claude Dauphin), cinéaste amateur par qui le scandale arrive.