François Truffaut disait voir volontiers les films avec Claudine Dupuis juste pour elle. Goût de jeune homme plutôt que de cinéphile certainement. Je ne trouve, personnellement, pas grand talent à l'actrice, ni sur le fond ni sur la forme.
Ce qui est sûr, c'est qu'Alfred Rode, le mari, ne recule devant rien pour faire tourner sa chérie, pas même devant un improbable nanar sur une île déserte, mais pas pour longtemps, il faut bien que l'histoire rebondisse.
On découvre un trio de naufragés déjà bien installés. Il y a une fille à la chevelure rousse revêtue d'une toile de jute largement décolleté ; il y a son père aussi et, alors, voir Raymond Souplex habillé en toile ou en peaux de bête, c'est déjà tout un spectacle. Le troisième personnage est un bellâtre athlétique dont les pectoraux n'ont pas besoin d'être couverts. Il se fait par ailleurs bien allumer par la fille de feu malgré la vigilance du papa.
Qu'on ne s'attende pas à une aventure à la Robinson Crusoë : les personnages sont ridicules et la futilité de leur existence est juste comique. Ça se bécote sur la plage au son du ukulélé, c'est dire.
Tout de même, le réalisateur se décide à corser l'affaire dans la seconde partie du film avec l'arrivée de deux ruffians mais l'intrigue est tout aussi nulle. Le dénouement est assez grotesque mais il introduit l'idée, qui se défend, qu'il vaut mieux être seul(s) sur son île déserte que mal accompagné(s).