La fille du Konbini, réalisé Yûho Ishibashi est récemment apparu dans les salles obscures françaises. J’avais découvert sa bande-annonce lors d’une de mes « sorties cinéma ». L’atmosphère « tranche de vie » m’avait séduit. L’héroïne de l’histoire avait un côté « girl next door » auquel je suis assez sensible. J’étais curieux de me plonger dans le quotidien japonais de cette jeune femme discrète mais pas dénuée d’intérêts.
Nozomi travaille comme caissière dans une supérette. Sa vie semble routinière et monotone. Après avoir encaissé les achats de ses clients durant la journée, elle rentre chez elle manger seule un plat préparé. Elle apparait solitaire et timide. Ses habitudes vont être chamboulées quand elle croise par une hasard une ancienne camarade de collège qui va l’incitait à quitter le cocon dans lequel elle semblait enfermée…
L’intrigue apparait classique. Pour poursuivre l’analogie du cocon, on a l’espoir de voir Nozomi se révéler et devenir le papillon qu’on devine enfoui en elle. Malgré la courte durée du film, le scénario prend le temps d’installer le quotidien de l’héroïne. On comprend rapidement les interactions sociales ne sont pas son fort et qu’elle est rassurée de se blottir dans ses habitudes. Ses différents collègues de travail sont assez clairement caractérisés et enrichissent l’univers de la jeune femme.
Il se dégage une jolie ambiance du film. L’entrée dans les différents lieux est efficace et faitt naitre en peu de scènes le quartier dans lequel vit Nozomi. Les dialogues et les scènes du quotidien sont crédibles et facilitent l’immersion dans les pas de l’héroïne. Sa fragilité la rend rapidement attachante et on espère de tout cœur qu’elle va arriver à s’émanciper.
L’interprétation d’Erika Karata participe incontestablement à l’attrait du film. Cela n’est pas évident de donner de l’épaisseur à une personne dont le comportement mène à la rendre transparente. Elle porte le film sur ses épaules et s’en sort très bien. Ce constat fait le lien avec la faiblesse du film de mon point de vue. En effet, les personnages secondaires sont accessoires. Le choix narratif néglige complètement l’impact que l’entourage peut avoir sur Nozomi. Ils sont vaguement présentés au début pour disparaitre rapidement au fur et à mesure que l’histoire avance. Même son amie qui joue pourtant un rôle de catalyseur dans le quotidien de l’héroïne est traitée de manière très superficielle.
Au final, je porte un avis mitigé sur le film. L’idée est intéressante, la protagoniste principale joliment interprétée… Mais finalement il ne se passe pas grand-chose et l’ensemble apparait au final assez factice. J’en viens à me demander si faire de cette histoire un court-métrage n’aurait pas été pertinent et aurait ainsi généré moins de frustrations. La durée d’une heure et quart donne l’impression d’une côte mal taillée. Néanmoins, je ne peux veux pas vous freiner si l’envie pour prend de partir à la rencontre de ce film. En effet, sans être parfait, il n’est pas dénué d’intérêt…