La Fin absolue du monde
7.2
La Fin absolue du monde

Moyen-métrage de John Carpenter (2005)

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Pfiou, on passe clairement un cap qualitatif dans ces Masters of horror avec cette contribution du patron. Carpenter remet les pendules à l'heure et prouve que relever l'exercice du moyen métrage horrifique est à portée pour peu que certains ingrédients soient réunis dans la marmite pour faire pendre la sauce.


Provoquer l'intérêt et le maintenir sur la durée nécessite une idée, un concept suffisant pour captiver. La recherche d'un film maudit, au pouvoir surnaturel, parlera à quiconque aime le cinéma. Carpenter construit un mythe en quelques minutes de bobine, le mystère fonctionne à plein tube, pour peu qu'on soit un peu curieux et passionné, l'attention est à son paroxysme.


Le difficile exercice du montage, le sens du rythme, permettent ensuite de développer le concept sans laisser l'intérêt de l'audience retomber. La dessus, Carpenter est intouchable, pas un bout de gras n'est à déplorer, chaque séquence est motrice d'un récit qui se construit avec pertinence.


Ajoutons à cela des acteurs dont on retrouve les trognes avec grand plaisir. J'avoue ne pas savoir si le budget de cette contribution du maître est identique à la réalisation des autres épisodes, mais damn, des acteurs talentueux, ça fait du bien. Udo Kier en excentrique collectionneur, ou encore Normal Reedus en assimilé détective de film noir, marqué par le suicide de sa petite amie, à la recherche d'un film maudit, c'est inattendu ici : inutile de préciser que je n'ai pas boudé mon plaisir.


Enfin, gardons le meilleur pour la fin, à savoir la science de la mise en scène, et ça, l'orfèvre aux commandes de cet épisode n'a plus à prouver qu'il en maîtrise tous les compartiments. Certes, la photo n'est pas à la hauteur de ses films les plus célèbres, mais c'est bien normal vu l'exercice de style auquel il se prête et je suis sans doute même un peu difficile sur le sujet : le passage chez le critique, ou toute la séquence finale dans le cinéma privé de Kier, est franchement pas mal.


M'enfin, qu'importe, l'épisode fonctionne du tonnerre et c'est bien le principal. On sent tout l'amour du bonhomme pour le cinéma dans ce téléfilm qui transpire d'influences. On est en effet ici sur les terres du Giallo, en témoigne l'hommage de Carpenter très clair pour le cinoche de Dario Argento. Profondo Rosso est projeté dans le cinoche de Reedus et la bande son est directement inspirée par ce genre particulier, avec ce petit thème au piano qui se répète inlassablement pour finir de transporter cet épisode de série sur les terres du cinéma. Une chose est sure : ça va être difficile d'égaler cette proposition dans la suite de ces Masters of horror!

oso
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le 28 mars 2021

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oso

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10
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