Une belle surprise …
Il faut bien dire, en ce qui me concerne, qu'un film qui parle de fleurs part déjà d'un bel a priori. Et comme en plus, les fleurs en question sont des roses, mon attention s'en trouve d'autant plus piquée. Pas seulement à cause des épines.
On ne compte plus les poètes ou écrivains ou chanteurs à avoir célébré les roses entre Saint-Exupéry (le petit prince) et Théophile Gautier ("le spectre de la rose" dans "les nuits d'été") si je me contente de ne retenir que ceux qui me viennent à l'esprit spontanément.
Il faut dire que la rose est une fleur magique. Même si Ronsard déplore qu'elle ne dure pas longtemps. Cette fleur est magique car moyennant un entretien pas si difficile, le rosier est capable de fleurir pendant toute la belle saison. Alors, après tout, une rose qui fane ne fait qu'appeler une nouvelle rose …
Là, le sujet est plus "piquant" encore puisqu'il s'agit d'une petite entreprise horticole spécialisée dans la création de nouvelles roses. La patronne, héritière de la maison fondée par son père, Eve Vernet (Catherine Frot), a du mal à survivre face aux grandes entreprises horticoles concurrentes qui disposent de moyens plus importants et s'accommodent de prix bas pas forcément synonymes de qualité et de durabilité. Surtout, elle ne parvient pas à produire ce fameux hybride qui lui permettrait de relancer son entreprise.
Et ce n'est pas les trois "contrats en réinsertion" embauchés qui ne connaissent rien à l'horticulture qui vont pouvoir la sortir de l'ornière.
Spoiler : Sauf que. Et pourtant. Même si.
Le réalisateur Pierre Pinaud que je ne connais pas du tout a bien construit son film avec des moments de suspense où on tremble que les opérations entreprises par la "fine équipe" ratent. Des moments intenses où Catherine Frot fait ses opérations d'hybridation où la "fine équipe" retient sa respiration car il y va de l'avenir de tous.
Et puis ces instants conflictuels mais merveilleux entre Catherine Frot et l'élément le plus turbulent de la "fine équipe", Melan Omerta. Ce dernier est un rappeur (Melan), pour la première fois au cinéma, dans un personnage, doté d'un fort accent des banlieues, sans idéal et sans but, qui va finir par croire en cette patronne si investie et si seule …
Cette rage de gagner, incarnée par Catherine Frot, dans un personnage à la passion contagieuse …
Alors bien sûr, les ficelles sont bien un peu grosses, les ficelles sont bien visibles et prévisibles … au point que parfois on en sourit avec, quand même, un petit poil d'émotion car on a envie d'y croire …
Que ne ferait-on pas pour sauver un producteur et un créateur de roses ? Pourquoi la chance ne pourrait pas aussi tourner en faveur de cette créatrice de roses ou en faveur de ces trois "laissés pour compte" par la société ?
Comme le dit très bien Catherine Frot à Melan Omerta, des étoiles dans les yeux :
"Ça peut paraître futile mais c'est merveilleux, c'est beau ! La vie sans beauté, c'est quoi ?"