Cinéaste du ver dans la pomme, Chabrol s'amuse à manier l'esthétique mielleuse, quasi téléfilmesque, de la famille bourgeoise pour mieux en corrompre les soubassements. Ou plutôt, pour mieux en dévoiler la corruption latente. Chez lui, la violence s'ordonne comme un iceberg : elle est une masse dévastatrice, en majorité invisible, qui sous-tend chacune des scènes du film. Elle est la trajectoire logique de cette famille maudite, sclérosée de son mépris et de ses secrets, à tel point boursouflée de cynisme qu'elle ne se voile même plus la face sur sa déliquescence. L'alcool, la politique, l'exil et l'inceste sont ainsi d'autant de fuites en avant face au nuage de culpabilité qui les surplombe, et qui les rattrapera, évidemment, sans surprise.