Ferris Bueller's Day off est comparable à La Fureur de Vivre, Virgin Suicides ou encore Boyhood récemment. Tous traitent de la thématique de l'adolescence sous différentes facettes. Réalisé par John Hughes (spécialiste dans ce domaine qui avait fait Breakfast Club cinq ans avant et qui reste encore aujourd'hui, un chef d'oeuvre absolu), le film raconte l'histoire de Ferris Bueller, feignant une maladie afin de sécher les cours et aller à Chicago avec son ami Cameron et sa bien-aimée Sloan.

Pour commencer la premier chose qui m'a vraiment frappé dans ce film est la qualité du montage. L'utilisation d'un montage rapide correspond complètement au temps imparti qu'il reste à Ferris afin de profiter de sa journée. Chaque choix de plan a une conséquence, et je trouve que c'est le signe que l'auteur sait où il veut aller. Chaque plan traduit alors d'une facette des personnages. Le montage alterné est aussi utilisé plusieurs fois, la première fois que cet effet est utilisé, entre Ferris chez lui et le lycée permet une grande rupture de ton entre les deux univers. La légèreté et la liberté de Ferris face à la réaction exagérée du proviseur à propos de l'action de Ferris. Aussi, l'effet de montage durant le passage où Cameron regarde une peinture est sublime, comme celui entre la sœur de Ferris et Ed, hilarant. Pour en revenir au ton, il est très bien maîtrisé. Dramatique quand il le faut, Hughes arrive à nous faire rire avec des scènes grandioses en contrastant avec un ton comique (par exemple la scène de la Ferrari).

Dès l'exposition, Hughes nous donne les informations essentielles au récit très rapidement, un bon point, car cela permet d'ensuite s'amuser avec les informations donner dès la situation initiale (relation conflictuelle et complice avec sa sœur, mère naïve et protectrice, père protecteur mais un peu douteux, Ferris, manipulateur, que l'on comprend quand Ferris brise le mur et s'adresse au spectateur. Cela souligne aussi l'impression de 5ème membre de la famille, et justement, famille parfaite, une fille, un garçon, des parents unis et une grande maison est mis en crise par le spectateur, nouveau "membre".
La Bande-son est vraiment bonne, et se lie bien au récit. Certains choix de compositions sont même rentrés dans la culture populaire. Même des effets de bruitages sont intéressants (ajouts de crissement de pneus durant la course à pied de Ferris).

Les personnages secondaires, que ce soit Cameron, Sloan ou le proviseur sont bien écrits. En plus d'être une mise en valeur de Ferris, ils traduisent aussi d'une façon de se positionner dans la société. Je trouve que le personnages du proviseur ressemble beaucoup aux antagonistes de cartoons ou même de Maman j'ai raté l'avion ce qui n'est pas étonnant sachant que John Hughes réalisa ce film. Mais cette vision de l'antagoniste et des personnages secondaires montrent un renouveau du cinéma américain après la période des années 1970.

Pour ce qui est de la mise en scène, elle est assez inédite. On y retrouve peu de plans larges et beaucoup de plans rapprochés, Hughes nous donne l'impression d'être au cœur de cette famille, comme si nous en faisions partie. En conséquent, la mise en scène est pas mal. La composition n'est pas grandiose mais c'est plutôt le choix de point de vue, de ce que Hughes décide de montrer qui est remarquable (je pense à la présentation d'éléments par des insert sur certains parties, comme pour la Ferrari). La grande idée du film reste le jeu avec la caméra et le spectateur. Les effets d'ironie dramatique sont très bien maîtrisés. De plus, L'identification du spectateur se fait forte grâce à la mise en scène et au relief du personnage de Ferris, ni tout blanc, ni tout noir et que l'on aime suivre dans son voyage illégal. A propos des dialogues, ils sont très bon, permettant de donner une ampleur insensée au récit, plaçant Ferris Bueller comme une célébrité, connu de tous. Il devient une sorte de figure dde l'adolescence. La fin du film rassemble tous les éléments et les confrontent dans une poursuite où le temps se fait piéger, Ferris ne pourra jamais arriver à temps, sauf par un tour de chance, par son audace et sa chance, il réussit à s'en sortir.

Ferris Bueller, se passant sur une journée, aborde beaucoup de sujet, permettant une multiplicité de visions quand à l'oeuvre. C'est un film précurseur : le montage, la narration, le rythme du film, est, je trouve, repris dans le cinéma d'aujourd'hui (Détention par exemple). Mais Ferris Bueller cadre surtout une génération de la jeunesse des années 80-90 (Jeunesse qui est beaucoup mieux abordée dans The Breakfast Club, au ton plus dramatique et profond). Sous son aspect comique, on retrouve des éléments très profonds néanmoins, comme l'éducation parentale. Et puis si tous ça ne vous a pas convaincu de regarder ce film, dites-vous qu'il y a Charlie Sheen dans un de ses premiers rôles au cinéma!
Victor_Galmard
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le 21 févr. 2015

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Victor Galmard

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