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le 19 août 2011
Suivreangles morts
Bleak Night est un premier film sobre et subtil. Nous plongeons dans un récit à deux temporalités, le passé et le présent donc. Un passé où les relations entre une bande d'adolescents se détériorent...
Film de fin d’étude, Bleak Night (2010) de Yoon Sung-hyun nous plonge dans le monde de l’adolescence après la mort prématurée d’un élève.
Bleak Night cogne dur. Nous sommes plongés dans un drame complexe qui se joue au passé comme au présent. Le premier intérêt de cette œuvre étant sa déconstruction temporelle, maîtrisée, où se construit petit à petit un puzzle fait de flash-back. Un puzzle où la victime de départ n’est plus celle que l’on pensait et devient d’une certaine manière « bourreau ». Un film au cours duquel les rôles s’inversent et où l’on assiste à la désagrégation d’une amitié forte qui se meure dans les non-dits. Pourtant, Yoon Sung-hyun ne nous offre pas tout de but en blanc. Il offre différentes possibilités d’interprétations laissant dès lors un flou. A l’image de la psychologie de ses personnages qu’il développe et où il évite un quelconque manichéisme. Victime et bourreau se confondent alors dans les relations difficiles que peuvent entretenir des jeunes gens qui souffrent en silence.
Autre point positif à retenir de Bleak Night, c’est sa réalisation. Une belle image, des cadres souvent justes et une caméra portée qui nous entraîne au plus près de ses protagonistes tout en leur offrant par moment une certaine intimité. On notera également que ces personnages s’avèrent merveilleusement interprétés par les jeunes acteurs qui composent le casting. La direction d’acteurs a du y jouer pour beaucoup. Une spéciale pour l’acteur Jo Seong-ha (vu récemment dans The Murderer), habitué des seconds rôles qui prête ici les traits du père à la quête d’une vérité. Un bémol est tout de même à noter : des longueurs dont on aurait pu se passer.
Avec Bleak Night, Yoon Sung-hyun fait preuve d’une maturité peu commune. Il nous interroge sur l’effondrement du cercle familial, les non-dits mais également l’impact et la force que peuvent avoir certains mots. Des mots qui deviennent plus forts que les coups portés. Un cinéaste des plus intéressants qu’il faudra suivre de près.
http://made-in-asie.blogspot.fr/2011/10/bleak-night-yoon-sung-hyun.html
Créée
le 26 oct. 2013
Critique lue 919 fois
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