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Sur un thème délicat — les conséquences de l’inceste — qui n’est jamais abordé frontalement, ce film bouscule tout sur son passage en montrant les traumatismes qui s’impriment durablement chez les victimes. Malaise garanti. Et si vous-même avez vécu une enfance difficile, attention, ça secoue dur.
Cette enfance dézinguée soude les liens entre frère et sœur, deux miroirs à fleur de peau qui s’aiment et se rejettent en même temps.
Deux réactions différentes chez ces jeunes adultes à peine sortis de l’adolescence. Carla (Romane Fringeli, très juste) ne veut plus en entendre parler.
Enzo, lui, est dans une loyauté filiale sans limites, quitte à renier son propre vécu. (Diego Murgia est formidable dans le rôle). On voit vraiment le petit enfant qui a manqué d’un père et qui veut créer à tout prix un lien qui n’a jamais existé. Il répète « on est une famille », comme pour se convaincre lui-même, pour ne pas s’effondrer.
C’est un survivant, et sa stratégie, c’est d’oublier et de pardonner. Sauf qu’il est paumé : il pisse encore au lit, a une sexualité trouble, craint de devenir comme son père — Bastien Bouillon, lui aussi, crève l’écran — qui a sans doute lui-même été abusé dans son enfance. Conduite à risque XXL, il a rentré sa colère tout au fond de lui.
Elle va resurgir sur sa copine, tendre et aimante. Incapable d’affronter son père, il va rediriger sa colère et sa furie sur elle. Une seule scène, à la fin.
Ensuite, il passe devant le juge et sera envoyé dans une institution pour jeunes en difficulté. Il ne veut plus parler. Son père l’abandonne encore une fois.
Il écrit sur un post-it à sa sœur : « casse-toi », comme une dernière tentative de protection.
Une vraie réussite en tous points pour ce premier long métrage de Julien Gaspar-Oliveri.
L’enfance est sacrée. Il faut sans cesse dénoncer les crimes qui la détruisent car c'est toujours une triste réalité en 2026.
Créée
le 7 sept. 2026
Critique lue 12 fois
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