Ça commence comme un classique polar dont le héros est un détective privé chargé de retrouver une adolescente fugueuse. La Ford Mustang de Gene Hackman ravive le cinéma policier américain des années 70 tandis que le détective, bien dans la tradition, ne craint pas de bousculer les témoins récalcitrants.
Mais Arthur Penn poursuit manifestement un autre but que la résolution d'une intrigue. On se perd en conjectures sur le sens qu'il donne à l'action, aux ruminations du détective Moseby à propos de l'adultère de son épouse, du père qu'il n'a pas eu ou du regard qu'il porte sur une gamine débauchée, peut-être considérée par le réalisateur comme une victime expiatoire des turpitudes des adultes ou de la société.
Déjà pas très intense, le récit semble faire une pause avec, semble-t-il, une prise de conscience du personnage de Gene Hackman relativement à ce qu'est sa vie. Lorsqu'à un certain moment, la femme de Moseby lui dit "je sais ce que tu ne dis pas", on l'envie parce que ce n'est pas forcément limpide et qu'effectivement, on est dans le non-dit ou l'évasif. Le mal-être et le désarroi visibles de Moseby reste impénétrables.
Dans la dernière partie, l'intrigue policière reprend ses droits mais c'est trop tard, j'ai perdu le fil et le rythme au point que l'issue policière m'est assez indifférente. Une dernière séquence aussi insolite que spectaculaire semble signifier que le détective Moseby a peut-être résolu une énigme mais c'est au prix de la catastrophe pour tout le monde et d'un terrible échec.