Deux chasseur de castors, à la recherche d'une vallée remplie de ces animaux, font la rencontre d'une jeune indienne, Running Moon, qui cherche à fuir l'homme, Heavy Eagle, à qui elle a été vendue et dont elle ne veut pas. Ils la délivrent, mais l'homme blessé se jure de les traquer pour se venger de cet affront.
Sorti à la toute fin des années 1970, quand le western était quasiment en bout de course, La fureur sauvage fait office de film sympatoche, ne serait-ce que grâce à la présence des deux trappeurs joués par Charlton Heston et Brian Keith. Ce sont deux hommes vieillissants, qu'on sent revenus de tout, qui ont fait ensemble les quatre cent coups, et leur amitié à la ville est évidente dans le film, ce qui lui sert énormément dans son côté sympa. D'ailleurs, les deux acteurs ont démarré ensemble dans Le Sorcier du Rio Grande, sorti 27 ans plus tôt. Bien qu'ils soient bien barbus, ils sont plutôt en forme, et surtout Charlton Heston qui montre qu'il en a encore à revendre, jusqu'à plusieurs plans gratuits où on le voit torse nu ainsi qu'on voit ses fesses. Ce qui permet de dire que malgré le titre français qui induit de la violence, et il y en a dans les joutes face aux indiens, son côté paradoxalement léger dans la relation de vieux briscards entre Heston et Keith fait plaisir à voir.
On sent quand même que l'époque est celle d'une violence un peu plus franche, avec du sang, et même une scène de scalp, mais c'est clairement du viril, y compris du côté du personnage de l'indienne jouée par Victoria Racimo. Enfin, c'est l'occasion de voir un film scénarisé par Fraser Clarke Heston, qui n'est autre que le fils de Charlton, ce qui explique son engagement, mais en coulisses, le studio aurait procédé à quelques changements, ainsi qu'à une violence légèrement plus adoucie, au grand dam de l'acteur.
Porté par la très bonne musique de Michel Legrand, La fureur sauvage manque peut-être d'un réalisateur d'une plus grande envergure que Richard Lang (dont ce fut le premier film, il travaillait auparavant pour la télévision), ainsi que cette impression étrange que l'histoire semble toujours se dérouler dans le même endroit, et qu'on y a juste changé les axes de caméra.
Rien de honteux ni de mémorable dans cette fureur, mais j'ai vraiment passé un bon moment grâce à ce duo de vieux trappeurs.