Le scénario de Jean Boyer, grand faiseur de nanars, est un vaudeville militaire (ici mis en scène par Max de Vaucorbeil) qui n'est pas plus bête que les autres, mais pas plus original non plus. Cela dit, c'est généralement quand le comique troupier est le plus crétin qu'il est le plus efficace.
Le colonel (Lucien Baroux) d'un régiment de cavaliers veut remettre de l'ordre parmi la troupe dissipée et ses dragons qui courent les jeunes filles de la ville -et elles sont nombreuses ! - ou fréquentent le salon de la Dame à la rose, variante assumée de la Dame aux Camélias. Parmi ceux-ci, toujours à faire le mur, les trois troufions inséparables, Fernandel, Pierre Brasseur, Raymond Cordy, ne sont pas parmi les plus futés.
L'argument de la garnison amoureuse est plutôt engageant mais ne tient pas longtemps la route, faute d'idées burlesques intéressantes ou d'un petit vent de folie douce émanant de la mise en scène ou des personnages. Il faut attendre la fin du film et le quiproquo stupide avec un général en cire et un vrai général -un vaudeville militaire sans visite surprise d'un général n'est pas un vaudeville militaire- pour s'amuser d'une situation qui touche enfin à la confusion grotesque.