7
le 12 janv. 2026
SuivreLa fille qui savait tout
Avec son postulat de départ à la limite du fantastique et, en même temps, ludique, La Gifle ouvre un champ des possibles narratif étendu. Pour son deuxième long métrage, le réalisateur allemand...
Suite à une grosse taloche flanquée par une camarade d'école, une adolescente a la capacité d'entendre tous les propos tenus par ses parents, que ces derniers soient ensemble ou chacun de leur côté, avec d'autres personnes, où qu'ils soient...
Voilà un postulat de l'ordre du fantastique qui offre des possibilités scénaristiques infinies, aussi bien dans le drame que dans la comédie. La Gifle de Frédéric Hambalek s'essaie aux deux. Et le résultat est naze. Non pas pour s'essayer à un mélange de registres (entre les mains d'un cinéaste ayant un minimum de talent, ça peut tout à fait fonctionner !), mais parce que le tout est à chier.
Déjà, il faut se taper le rythme d'un épisode de Derrick sous anxiolytiques, sûrement dans l'intention de faire durer des situations pour les rendre les plus malaisantes possibles, suite au craquèlement de l'image d'une famille en apparence socialement parfaite de la classe moyenne supérieure. Pour paraître un peu transgressif, on balance deux-trois dialogues sexuels sortis de la bouche de la mère. On incorpore une séquence choc autour d'une baffe... enfin, autre que celle qui déclenche les événements.
Reste que ce n'est qu'une succession de scènes de dialogues qui durent des plombes, faisant rarement avancer le schmilblick, entrecoupée à trois ou quatre reprises par une séquence choc donc — pour maintenir le spectateur éveillé, pour meubler 84 minutes, générique de fin compris. Voilà. Bon, ce genre de rythme ne me dérange pas si l'ensemble est bien écrit. Or, ce n'est pas le cas. Les relations entre les personnages principaux ne sont pas réellement creusées (ce qui fait que la fin paraît sortir de nulle part !). Les personnages secondaires sont inexistants (par exemple, si celui de la grand-mère maternelle n'avait pas été là, cela n'aurait rien changé !).
Mais, le plus gênant, c'est l'absence complète de personnalité de la gamine. Symptomatique de ce gros problème, elle se contente d'avoir une tronche complètement amorphe du début jusqu'à la fin. Jamais il n'est pris le temps de savoir comment elle vit avec ce pouvoir qui débarque d'un coup chez elle, ce qu'elle pense de tout ce qui lui arrive, si la situation est traumatisante pour elle (surtout à cet âge si délicat qu'est le début de l'adolescence !), si, parfois, elle y prend du plaisir. L'empathie éventuelle que l'on pourrait ressentir pour elle est inexistante et n'a fait que me mettre encore plus à distance de ce film.
À partir du postulat, Frédéric Hambalek avait certainement pour volonté de privilégier l’observation des réactions des parents et la déconstruction des apparences familiales, mais en privant la jeune fille de la moindre personnalité, il passe à côté de ce qui aurait pu fournir un véritable cœur émotionnel à l'ensemble, qui aurait ajouté une dimension humaine et touchante à la satire sociale.
En fait, en étant juste obnubilé par l'idée de foutre trois ou quatre blagounettes (deux ou trois fois la même autour de la mère qui veut se faire sauter par un collègue !), le réalisateur ne pense pas un seul instant à creuser des thématiques semblant couler de source d'un tel sujet : la place de l'honnêteté dans la famille, la confiance entre parents et enfants et, évidemment, ce que j'ai déjà abordé plus haut : les traumatismes adolescents. Résultat, le film ne délivre aucun message de fond.
Quant à la mise en scène technique (la forme, quoi !), au mieux, elle fait téléfilmesque ; au pire, amateur — pour les quelques mouvements en caméra portée, c'est à peine si on n'entend pas les pas du technicien portant l'appareil, tellement ils apparaissent dépourvus de la moindre fluidité.
Bref, La Gifle est un film qui passe complètement à côté de son propre sujet. À force de vouloir provoquer sans jamais rien creuser, il en devient totalement creux et répétitif. Derrière une idée de départ pourtant riche à la base, il n’y a ni regard, ni véritable écriture, ni même une once d'intérêt pour ses personnages. On n'obtient qu'un truc mou, se souhaitant provocateur, mais qui n'est que vide.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films de 2026 et Carnet de bord 2026 (cinéma)
Créée
le 20 mars 2026
Critique lue 231 fois
7
le 12 janv. 2026
SuivreAvec son postulat de départ à la limite du fantastique et, en même temps, ludique, La Gifle ouvre un champ des possibles narratif étendu. Pour son deuxième long métrage, le réalisateur allemand...
6
le 10 août 2026
Suivre4
le 22 avr. 2026
SuivreDe bonnes choses comme la progression dans l'absurde mais aussi de moins bonnes choses comme la mise en scène assez plate. Mon principal reproche reste la durée que le scénario peine à remplir. En...
8
le 18 janv. 2023
Suivrele 18 janv. 2023
L'histoire du septième art est ponctuée de faits étranges, à l'instar de la production de ce film. Comment un studio, des producteurs ont pu se dire qu'aujourd'hui une telle œuvre ambitieuse avait la...
3
le 1 juil. 2024
SuivreIl n'y a pas de bonne ou de mauvaise adaptation, il y en a des fidèles et d'autres qui s'éloignent plus ou moins du matériau d'origine. Et la qualité d'un film, issu d'une adaptation...
3
le 20 juil. 2023
SuivreChristopher Nolan est un putain d'excellent technicien (sachant admirablement s'entourer à ce niveau-là !). Il arrive à faire des images à tomber à la renverse, aussi bien par leur réalisme que par...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème