Avec son postulat de départ à la limite du fantastique et, en même temps, ludique, La Gifle ouvre un champ des possibles narratif étendu. Pour son deuxième long métrage, le réalisateur allemand Frédéric Hambalek choisit la comédie plutôt que le drame, mais de manière acide et cruelle, aux confins d'un absurde à la fois réjouissant et malaisant que n'aurait pas renié les Yórgos Lánthimos ou Ruben Ôstlund des débuts et que l'on retrouve aussi dans quelques films scandinaves récents (Sous hypnose). Il y a une certaine jubilation à voir le renversement des valeurs dans une petite famille, à savoir que cette fois, c'est une fille de 12 ans qui a accès à la vie cachée de ses parents, et non l'inverse. Voici les adultes piégés dans leurs mensonges quotidiens et leurs lâchetés, sous le regard forcément évaluateur et sans concession de leur rejeton. Dans une mise en scène très sobre, mais avec des interprètes à haute intensité, le film nous accroche à une intrigue rebondissante qui nous renvoie à notre état de voyeur, autant honteux qu'un tantinet pervers. La question est de savoir vers quelle destination s'achemine ce récit sarcastique et goguenard. Le dénouement, pour une fois, ne déçoit pas. Ouvert, jusqu'à un certain point et aussi bien narquois que nimbé de tendresse maladroite.