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Procès d'intentions
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La Gioia est l'adaptation d'une pièce de théâtre, elle-même inspirée par des faits réels. C'est l'histoire d'une attraction des extrêmes, entre ce qu'on appelle sans grande charité une vieille fille, enseignante, qui vit encore chez ses parents, et un lycéen beau comme le péché, exploité par sa mère et un "ami" de la famille. C'est un conte de fées très noir qui commence par des leçons de français, se déroule dans l'architecture si particulière de Turin et confronte la naïveté et la solitude au cynisme du monde et aux mécanismes de la prédation et du mal. Le deuxième long métrage de Nicolangelo Gelormini s'insinue dans les creux de l'intimité, expose les faits avec crudité, tout en montrant une furieuse tendresse pour son héroïne, pure et crédule. Le film, qui n'hésite pas à nous sortir de notre zone de confort, ne serait pas le même sans Valeria Golino, qui s'ajuste avec une virtuosité stupéfiante aux contours d'un rôle peu gratifiant, mais marquant. La même remarque peut-être faite, à un degré moindre, pour la formidable Jasmine Trinca, elle aussi étonnante, à contre-courant de ce qu'elle dégage habituellement sur l'écran. L'interprétation, dans son ensemble, permet à La Gioia de dépasser sa valeur intrinsèque en termes de scénario et de mise en scène. Se dégage du tout comme un sentiment de tristesse et d'inéluctabilité.
Créée
le 10 juil. 2026
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