La folle passion d'un jeune marin breton pour une parisienne en villégiature. Le rôle est tenu par le jeune premier (filmé ostensiblement comme tel) Gilbert Gil dont le personnage se distingue essentiellement par son prénom : Marie-Pierre.
Ce film est une bouillie. A quoi attribuer ce ratage complet? Une adaptation du roman de Richepin et consécutivement une écriture du scénario ratées? la réalisation lunaire de Jean Choux? Peut-être des bobines perdues ? Car on pourrait croire qu'il manque un paquet de scènes dans ce court drame sentimental qui, dès lors, semble se dérouler en accéléré, au détriment des personnages qui sont privés de toute épaisseur humaine ou romanesque. On est quasiment dans l'abstraction tellement les protagonistes sont survolés et en sont réduits à des apparitions dans un récit lacunaire jusqu'à l'incohérence.
Ça commence avec un Gilbert Gil qui devient un amoureux transi de façon subite et inexplicable. Ça ressemble moins à un coup de foudre qu'à une très maladroite et incompréhensible ellipse. Il erre sur des rochers glissants et métaphoriques balayés par les vagues, ruminant sa jalousie, parce que la dame blonde est une séductrice, dont on apprend incidemment qu'elle est surnommée sans élégance la glu, relativement à son attractivité bien entendu. Leur relation amoureuse, qui est le cœur du drame, est théorique parce qu'elle n'est alimentée par rien.
Les incidents romanesques s'additionnent au gré d'une mise en scène et d'un montage complètement approximatifs. Relevons, enfin, parmi tous les protagonistes insuffisants, le pathétisme pompier attaché au rôle de mère accablée dévolu à Marcelle Géniat -une spécialité de l'actrice- qui, elle, ne fait pas les choses à moitié !