Après avoir porté à l'écran la plupart des Universal Monsters — Dracula, Frankenstein, la Momie, etc. — la Hammer décide en 1964 de créer un film centré sur une créature totalement inédite. Pour cela, le scénariste John Gilling puise dans la mythologie grecque et choisit la figure de la Gorgone, dont Méduse est la plus célèbre incarnation : un monstre capable de pétrifier ses victimes d’un simple regard.
Plutôt que de situer l’action dans la Grèce antique, Gilling la transpose dans l’Allemagne de 1910, partant du principe que la créature aurait erré durant des millénaires avant de se retrouver dans cette région reculée. Particularité propre au film : la gorgone prend ici les traits d’une jeune femme totalement inconsciente de sa véritable nature. Ce n’est que certaines nuits qu’elle se transforme en monstre et tue ceux qui croisent son chemin.
On note dans ce traitement de nombreuses similitudes avec la figure du loup-garou, illustrant parfaitement la manière dont la Hammer aimait recycler des éléments narratifs de ses précédents films.
Le fait que la créature ignore sa condition ajoute une dimension tragique au récit, transformant celui-ci en drame plutôt qu’en pur film d’horreur. Par amour pour elle, plusieurs hommes tenteront de la sauver, ou du moins de dissimuler sa véritable identité. Cette approche originale offre une lecture touchante du mythe, bien qu'inégale, et surtout, permet à Barbara Shelley de livrer l’une de ses plus belles prestations au sein de la filmographie Hammer.