Certains films partent pied au plancher, manière d'accrocher l'attention, et finissent par confondre vitesse et précipitation. Point de cela dans La gradiva de Marine Atlan, un premier long métrage qui prend son temps pour installer son règlement climatique, avant de nous foudroyer dans les dernières minutes. Voir Naples et… mourir, courir, pourrir, c'est selon. Ce voyage scolaire en Campanie, avec le Vésuve et Pompéi au programme, mais pas Capri, est l'occasion de s'immiscer dans les mécaniques des groupes adolescents, que l'on croit connaître, mais que la cinéaste rend beaucoup plus complexes, étirant certaines scènes lorsque c'est nécessaire et sautant avec dextérité d'un personnage à un autre, sans jamais perdre le fil collectif. Sentiments d'isolement, de solitude, voire de déréliction, dans un environnement grégaire : il faut du talent, de la sensibilité et le sens des nuances pour ne pas se perdre en chemin. Mais La gradiva ne fait que prendre de l'épaisseur au fil des minutes, profitant sans en abuser de la splendeur du chaos napolitain et de ses environs délétères. Porté par de jeunes interprètes doués qui jouent des rôles proches de leur personnalité, ce film d'adolescence fait prendre conscience que tout n'a pas été dit, loin de là, sur cet âge, et que chaque histoire sur ce sujet indémodable possède ses spécificités et son intérêt particulier, d'autant plus quand une cinéaste aussi prometteuse s'en empare en délaissant les sentiers battus et les archétypes vus et revus.