J'avais vu le vrai-faux remake ("Sens unique" avec Kevin Costner) il y a quelques semaines, j'étais donc curieux de faire la comparaison avec cette version originale de bonne réputation, intitulée "La grande horloge".
A l'arrivée, je placerais ces deux œuvres sur un relatif pied d'égalité : "The Big Clock" affiche sans doute davantage de qualités cinématographiques (mise en scène réfléchie, noir & blanc soigné...) mais la version moderne est plaisante également dans son aspect divertissement assumé (dommage simplement pour le twist final en mode "cheveu sur la soupe").
Scénariste puis réalisateur d'origine australienne, père de l'illustre Mia, John Farrow signe ici l'un des ses films les plus marquants ; son récit navigue entre film noir et comédie, mélange un peu curieux voire contre-productif.
L'atout majeur de "The Big Clock" réside dans le face à face entre l'insaisissable Ray Milland (auréolé de son Oscar pour "The Lost Week End") et l'excellent Charles Laughton. L'affrontement courtois mais machiavélique de ces deux vedettes masculines tient ses promesses, tandis que le casting féminin, certes en retrait, n'est pas en reste, mettant en présence deux personnages légendaires du cinéma hollywoodien : la Jane des films de Tarzan (Maureen O'Sullivan, par ailleurs épouse du réalisateur) et la fiancée de Frankenstein (Elsa Lanchester).
Pour le reste, le scénario s'avère plutôt accrocheur, le rythme est bon (1H30 chrono), mais l'ensemble reste un peu sage, un peu attendu.
Au final, "La grande horloge" apparaît donc comme un film noir plaisant mais pas comme un incontournable du genre.