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Sorrentino tourne trop : il aurait été de bon ton d’attendre deux, voire trois ans, entre deux films. Le temps qu’on digère, qu’on passe à autre chose, et qu’il puisse nous laisser croire qu’on se...
À travers une œuvre d’une rare intelligence, le cinéaste et philosophe Paolo Sorrentino s’est attaché à s’interroger sur la finalité de nos destinées. Ainsi, plusieurs de ses films ont exploré la thématique du vieillissement : « La grande Belleza » dans lequel un écrivain cynique était confronté à la vacuité de son existence, « Youth » bien sûr , « Silvio et les autres » et même « Parthenope », histoire tragique d’une déchirure.
Avec « La Grazia », Sorrentino ose s’attaquer à un concept qui a tant fait couler d’encre celui de la Grace qu’il analyse sous toutes ses acceptions : la grâce physique de l’agréable et fort belle diplomate lithuanienne, celle que le président de la République italienne Mariano de Santis (admirablement interprété par Toni Servillo) peut accorder ou pas à deux assassins, le coup de grâce qu’il se refuse à donner à un cheval agonisant et enfin la plus mystérieuse et incompréhensible celle que le divin dispense aux hommes selon son bon vouloir.
Incapable de se décider à signer un décret portant sur l’euthanasie, incapable aussi d’accorder sa grâce présidentielle, de Santis homme de droit, unanimement respecté par son pays, figure intègre et paternelle, va devoir choisir avant sa retraite amplement méritée. A sa peur de vieillir, s’ajoute son éternel amour pour son épouse décédée dont il n'arrive pas pourtant à pardonner l’infidélité. Il lui faut lâcher prise, pleurer et rire (comme ce cosmonaute qui voit une de ses larmes flotter en apesanteur) pour que s’éclaire son âme touchée par la grâce.
Avec une sobriété de moyen qui lui était peu habituelle et une sensibilité extrême, Paolo Sorrentino ne cesse ainsi de nous émouvoir et de nous questionner.
Créée
le 9 févr. 2026
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